Depuis le début de la révolution industrielle, 100 entreprises ont extrait à elles seules 90% de tout le charbon, pétrole et gaz consommé par l’humanité, nous plongeant aujourd’hui dans une crise sociale et environnementale d’une ampleur inégalée.
Les émissions de gaz à effets de serre, très majoritairement causées par l’exploitation des énergies fossiles, réchauffent et acidifient l’océan à un rythme sans précédent, détruisant les écosystèmes marins et occasionnant des événements climatiques extrêmes qui mettent en danger des milliards de personnes à travers le monde.
Tandis que les scientifiques soulignent l’urgence vitale à ne pas ouvrir de nouveaux projets fossiles, la multinationale française TotalEnergies participe à l’expansion fossile avec de nouveaux projets d’exploration et d’exploitation de champs pétroliers et gaziers qui précipitent la catastrophe.
BLOOM agit pour que TotalEnergies, qui connaît depuis les années 1970 les conséquences mortifères des énergies fossiles pour le climat et l’humanité, cesse d’ouvrir de nouveaux projets fossiles, et pour que la France et l’Union européenne se prononcent pour la non-prolifération des énergies fossiles.
Notre avenir et celui de l’océan en dépendent.
Aux côtés de 8 plaignants et plaignantes, toutes et tous victimes directes d’événements extrêmes climatiques, BLOOM, Alliance Santé Planétaire et Nuestro Futuro (Mexique) ont porté plainte au pénal le 21 mai 2024 contre TotalEnergies, ses dirigeants et principaux actionnaires. Nous demandons à faire reconnaître la responsabilité pénale de l’entreprise pour sa contribution majeure au changement climatique et lui interdire le développement de nouveaux projets fossiles, incompatibles avec le maintien des conditions d’habitabilité de notre planète.
Voir notre actualité « Des ONG et victimes du changement climatique mettent les administrateurs et actionnaires de TotalEnergies face à la justice pénale » et notre dossier de presse.
Plus d'informations sur notre plainte : www.totalcriminal.orgÀ partir de l’automne 2022, BLOOM s’est engagée pour dénoncer l’expansion fossile de TotalEnergies dans les eaux profondes sud-africaines. L’entreprise souhaitait développer deux immenses champs gaziers au milieu même de couloirs de migration de baleines, dans des écosystèmes aussi fragiles qu’essentiels pour les populations côtières. Au terme de notre importante campagne de mobilisation en tandem avec the Green Connection, une ONG sud-africaine, TotalEnergies a annoncé en juillet 2024 renoncer à exploiter ces deux gisements. Le combat continue pourtant, étant donné que l’entreprise française lorgne sur les ressources d’autres régions de l’Afrique du Sud et du monde.
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30 septembre 2025
À cause des émissions de gaz à effet de serre, l’océan se réchauffe, s’acidifie, et le niveau de la mer augmente. Si les conséquences sur les écosystèmes marins se font déjà grandement ressentir avec le réchauffement actuel de 1,2°C, nous devons nous préparer à bien pire et bien plus généralisé pour les prochaines décennies. Par exemple, la moitié des coraux sont déjà morts depuis le début du XXème siècle, et les scientifiques prévoient que ce niveau dépassera 99% si la planète se réchauffe de 2°C par rapport à l’ère préindustrielle. Ce niveau devrait être atteint autour de 2040. Dans l’océan, les poissons s’asphyxient déjà lors des canicules marines et vont s’échouer massivement sur les côtes. Le dérèglement des écosystèmes et des chaînes alimentaires a quant à lui des conséquences indirectes sur l’ensemble des espèces ainsi, certaines populations de cétacés décroissent, avec très peu de perspectives de survie à moyen terme.



Le changement climatique est causé par les émissions humaines de gaz à effet de serre. Ces dernières proviennent à 80% des énergies fossiles et émanent de 100 entreprises, dont TotalEnergies. La compagnie française fait d’ailleurs partie des entreprises qui ont eu connaissance le plus tôt des conséquences catastrophiques de leurs activités (dès 1971 pour Total) mais qui ont pourtant activement participé à dissimuler le consensus scientifique en déployant une stratégie de mise en avant du doute et de lobbyisme auprès des politiques. Aujourd’hui, la compagnie pétrogazière française est celle qui explore de nouveaux gisements de pétrole et de gaz dans le plus de pays autour du monde. TotalEnergies est aussi la troisième multinationale qui développe le plus de nouveaux projets incompatibles avec la limitation du réchauffement à 1,5°C. C’est la raison pour laquelle BLOOM a décidé de s’engager contre cette entreprise et à faire reconnaître les crimes de TotalEnergies en droit français, afin de l’empêcher de poursuivre son expansion fossile.
En savoir plusLa température de la planète est liée à la concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Notre unique manière de stabiliser le réchauffement est donc d’arrêter de battre chaque année des records d’émissions de gaz à effet de serre, dû à l’augmentation de la production des énergies fossiles. L’accord de Paris signé en 2015 engage les États du monde à limiter le réchauffement planétaire à 1,5°C, au lieu des 2°C vers lesquels on se dirige actuellement. Ces seuils de réchauffement correspondent à une certaine quantité « brûlable » d’énergies fossiles, aussi appelé un budget carbone. C’est ce qui a amené l’Agence Internationale de l’Énergie à affirmer en 2021 que nous ne pouvons plus ouvrir de nouveaux projets d’énergies fossiles si nous souhaitons limiter le réchauffement à 1,5°C. Le GIEC conclut quant à lui que, pour limiter le réchauffement à 2°C, il ne faut pas brûler plus de 80% de nos réserves de charbon, 50% de nos réserves de gaz, et 30% de nos réserves de pétrole. C’est pourtant le contraire qui se produit depuis : les campagnes d’exploration aboutissent à la découverte de nouvelles réserves et la production d’énergies fossiles est en hausse continue. Si nous poursuivons sur cette trajectoire, notre monde pourrait atteindre un réchauffement de 3°C d’ici la fin du siècle.
En savoir plusNotre contentieux vise, pour la première fois dans le monde, à faire reconnaître la responsabilité pénale d’une compagnie pétrolière pour les victimes climatiques que sa contribution au changement climatique provoque. Les instances judiciaires françaises doivent mettre un terme à l’expansion fossile criminelle menée par TotalEnergies et ses soutiens financiers. À l’international, d’autres initiatives juridiques confirment la tendance : campagne contre les compagnies pétrolières américaines, plainte d’un agriculteur belge contre TotalEnergies, plainte d’un agriculteur péruvien contre le charbonnier allemand RWE. Récemment, une décision du Tribunal International du Droit de la Mer a aussi précisé les responsabilités des États pour tout mettre en œuvre afin de faire baisser leurs émissions de gaz à effet de serre, y compris de réguler leur secteur privé.
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