06 juillet 2026
Le 26 juin, en pleine canicule étouffante, notre fondatrice Claire Nouvian était invitée au micro de Mathieu Vidard sur France Inter avec d’autres personnalités engagées contre le changement climatique dans une émission de La Terre au Carré intitulée « Canicule : un objet climatique et politique ».
Les invité·es – Christophe Cassou, climatologue ; Mickaël Correia, journaliste à Mediapart ; Eva Morel, secrétaire générale de l’association Quota Climat et Yamina Saheb, experte des politiques énergétiques, rattachée à l’OpenExp – se sont désolés de la tournure prise par le débat public. Après des mois de silence radio (à part dans quelques émissions-phares comme La Terre au Carré), la canicule donnait désormais lieu à des échanges abscons, cadrés par les médias de la bollosphère et les partis d’extrême droite, sur la seule question de l’adaptation court-termiste : « pour ou contre la clim ? »
Les invité·es ont rappelé que les canicules étaient le résultat de choix politiques criminels, qu’elles étaient, comme tous les autres phénomènes climatiques extrêmes, prévisibles et prévues par des scientifiques qui alertent depuis des décennies. Mais au lieu d’agir pour éviter l’hécatombe climatique, les gouvernements continuent de subventionner les énergies fossiles pendant que les majors pétrolières, comme Total Energies, poursuivent leur expansion.
Claire Nouvian a profité de l’occasion pour proposer quatre mesures essentielles, discutées avec notre collègue Swann Bommier, directeur du plaidoyer de BLOOM, qui seraient de nature à arrêter l’expansion des énergies fossiles et les criminels climatiques :
1) L’interdiction aux entreprises françaises de financer ou de participer à l’ouverture de nouveaux projets fossiles, en France comme à l’étranger, directement ou indirectement ;
2) La suppression de toutes les subventions publiques aux énergies fossiles ;
3) L’interdiction de tout lobbying de l’industrie fossile ;
4) La reconnaissance du crime de globocide, afin que celles et ceux qui organisent sciemment la destruction des conditions d’habitabilité de la planète répondent de leurs actes devant la justice pénale.
Les grandes entreprises fossiles connaissaient les conséquences de leurs activités depuis des décennies. Elles ont pourtant choisi de poursuivre l’expansion des hydrocarbures. Un choix dont le prix se compte déjà en vies humaines, en territoires détruits et en écosystèmes anéantis.
À la sortie de l’émission, certains des participants se sont dit qu’il faudrait faire de ces mesures un appel collectif, réunies sous un même parapluie : celui d’une Loi d’urgence climatique.
Le lendemain, la pétition pour une Loi d’urgence climatique était née. Une semaine plus tard, une tribune réunissant une centaine de climatologues (parmi lesquels Christophe Cassou, Jean Jouzel et Valérie Masson-Delmotte), scientifiques, juristes, médecins, économistes et personnalités engagées paraissait dans Le Monde : l’Appel des 100 pour une Loi d’urgence climatique.
Depuis, le groupe des Écologistes-EELV à l’Assemblée nationale a répondu aux sollicitations de BLOOM auprès de divers groupes politiques et nous a annoncé que le groupe ferait de notre Loi d’urgence climatique une proposition parlementaire de loi, une « PPL ». Cette PPL vitale sera examinée lors de la niche parlementaire des Écologistes en 2026.
Les intérêts fossiles disposent de moyens immenses et continueront à retarder, minimiser et détourner le débat. Ils feront tout ce qui est en leur pouvoir pour continuer à spéculer et s’enrichir sur la fin du monde. En face, nous n’avons que notre cœur, notre détermination et notre nombre. Nous devons faire de cette loi une exigence populaire impossible à ignorer.
Alors restons groupé·es. Armons-nous de combattivité, de patience et de persévérance pour renverser le rapport de force. Parce qu’aucune avancée historique n’a jamais été obtenue autrement. Cette loi peut devenir le début d’un basculement. À condition que nous soyons des milliers à la porter !
06 juillet 2026
À quand la prochaine fournaise ?
06 juillet 2026
Dans une tribune d’une importance capitale, publiée aujourd’hui dans le journal Le Monde, 100 personnalités publiques plaident en faveur d’une Loi d’urgence climatique et la reconnaissance du crime de « globocide » afin d’arrêter les responsables de l’hécatombe climatique qui met l’humanité en danger. Ce texte intervient alors que démarre une troisième vague de chaleur après deux canicules exceptionnelles en seulement un mois et demi, et que la sécheresse estivale, qui s’annonce majeure, pourrait entraîner des pertes agricoles importantes et des mégafeux.
28 juin 2026
Combien de morts faudra-t-il ?
Nous ne sommes qu’en juin, et le bilan est déjà lourd.
La durée et l’intensité de la canicule ont mis nos corps et nos infrastructures à l’épreuve. Une femme a été retrouvée morte à son domicile, à même le sol, un oreiller sous la tête : elle cherchait à refroidir son corps. Un homme de 33 ans est décédé : son corps avait atteint 42°C. Les victimes ne sont pas que des personnes fragiles. Des jeunes entre 30 et 50, sans antécédent médical, se retrouvent en réanimation.
Cela n’était jamais arrivé, même pendant la canicule de 2003 (1) qui a entraîné le décès de 15 000 personnes. Et pourtant, rappelons-nous, celle-ci s’était produite en août, pas en juin !
Les hôpitaux débordent, les soignants sont soumis à des rythmes inhumains et s’évanouissent en plein service, les urgences sont saturées, les pompes funèbres débordées. Les pompiers s’attendent à une saison en enfer, et savent déjà « qu’ils ne vont jamais tenir » (2).
Les animaux succombent par centaines de milliers, les poissons étouffent et périssent dans les rivières.