25 septembre 2026
Pour la toute première fois en France, un texte de loi propose de reprendre le contrôle sur les criminels climatiques. Aujourd’hui, à l’Assemblée nationale, les Écologistes ont déposé une proposition de loi pour couper le robinet de la catastrophe climatique à la source, afin que l’industrie fossile française cesse de creuser notre tombe.
Après un été dantesque, alors que les conséquences mortifères du dérèglement climatique s’imposent à nous de manière inéluctable, les parlementaires écologistes proposent dans une loi d’urgence climatique d’interdire aux entreprises françaises de participer à l’expansion fossile.
Le gouvernement peut décider de mettre cette disposition préconisée par les scientifiques et les organisations internationales à l’agenda. Le groupe des Écologistes pourra quoi qu’il en soit l’imposer dans le débat lors de sa niche parlementaire du 3 décembre.
Notre survie collective en dépend. Littéralement.
Le 20 septembre 2023, à la tribune des Nations Unies, le Secrétaire Général de l’ONU, Antonio Guterres, appelait les dirigeants du monde entier à « passer à la vitesse supérieure », constatant que « l’humanité a ouvert les portes de l’enfer. La chaleur épouvantable a des effets épouvantables. Des agriculteurs désemparés voient leurs récoltes emportées par les inondations, les températures étouffantes engendrent des maladies et des milliers de personnes fuient dans la peur face aux incendies historiques qui font rage ».
C’est à cet enfer que nous venons d’être confrontés en France, avec un été de tous les records qui a causé la mort de plus de 8 000 personnes, l’évacuation de centaines de milliers d’habitants face aux feux, la saturation des services hospitaliers, la détresse des agriculteurs et des pompiers, des souffrances incommensurables chez des millions de concitoyens, la perte de paysages et écosystèmes qui font notre quotidien.
Les événements climatiques extrêmes que nous venons de vivre n’ont rien de surprenant, ayant été modélisés depuis des décennies par les scientifiques. Pour éviter un effondrement climatique aux conséquences dramatiques, l’arrêt de l’expansion fossile relève de l’urgence vitale.
En 2021, l’Agence internationale de l’énergie soulignait que, pour rester sous les 1,5°C de réchauffement, « au-delà des projets déjà engagés en 2021, notre scénario ne prévoit l’exploitation d’aucun nouveau gisement de pétrole ou de gaz, ni la création de nouvelles mines de charbon ou l’extension de mines existantes ».
En 2023, lors de la COP28, à Dubaï, la communauté internationale s’accordait sur la sortie des énergies fossiles, tandis que le GIEC soulignait que les infrastructures fossiles existantes suffiraient à dépasser le budget carbone disponible pour rester sous les 1,5°C.
Depuis, les appels des organisations internationales et de la communauté scientifique se multiplient pour mettre fin à l’ouverture de nouveaux projets dans le charbon, le pétrole ou le gaz.
L’enjeu est clair : faire de la fin de l’expansion fossile une nouvelle norme.
En 2017, la France a interdit le développement de tout nouveau projet fossile sur son sol avec la loi Hulot sur les hydrocarbures. C’était une première mondiale pour lutter contre l’expansion fossile.
Cependant, une hypocrisie fondamentale demeure : la France interdit l’expansion fossile sur son territoire, mais reste silencieuse sur l’expansion fossile menée par des entreprises françaises à l’étranger.
En 2025, les banques françaises ont ainsi accordé 16 milliards de dollars de financement aux entreprises fossiles engagées dans l’expansion fossile, Société Générale en tête.
Technip, qui a construit un cinquième des capacités mondiales de gaz naturel liquéfié, est aujourd’hui engagé dans la conception et construction de multiples terminaux méthaniers, dont le plus grand projet de gaz naturel liquéfié au monde, Qatar North Field East.
Vallourec, leader mondial dans la fabrication de tubes en acier pour l’industrie du pétrole et du gaz, est impliqué dans le développement de nombreux nouveaux projets d’exploration et de production fossile, avec des contrats remportés en cette année 2026 au Brésil, avec Shell et Petrobras, en Indonésie, au Guyana, avec ExxonMobil, en Angola, avec Eni et BP, et en Arabie Saoudite, avec Aramco.
Depuis le début de l’année 2026, TotalEnergies a de son côté annoncé plus de dix nouveaux projets fossiles, au Liban, en Lybie, au Mozambique, en Namibie, au Brésil, en Angola, en Turquie, en Syrie, en Égypte, aux Émirats arabes unis ou à Chypre. Une stratégie d’investissement qui devrait perdurer, TotalEnergies ayant annoncé vouloir consacrer autour de 6 milliards de dollars par an au développement de nouveaux projets pétroliers et gaziers au cours des cinq prochaines années, le tout soutenu par des investissements massifs dans l’intelligence artificielle, avec 100 millions d’Euros dans un supercalculateur pour « améliorer les images du sous-sol et accélérer l’exploration », et 100 millions d’Euros avec Mistral pour « développer des modèles de frontière d’intelligence artificielle dédiés à l’exploration et à l’ingénierie des réservoirs ».
De nombreuses entreprises françaises sont ainsi engagées dans cette politique de la terre brûlée, alors que la multiplication des événements climatiques extrêmes, mais aussi la guerre en Ukraine, la fermeture du détroit d’Ormuz ou la menace d’un moratoire sur les exportations de diesel américain par l’administration Trump soulignent l’urgence d’investir massivement dans la sobriété énergétique, les énergies renouvelables et la transition pour se libérer de notre dépendance aux énergies fossiles.
Durant la canicule, cent climatologues, océanographes, naturalistes, juristes, avocats, économistes, médecins, infirmiers, philosophes et défenseurs de l’environnement ont plaidé dans une tribune dans Le Monde en faveur de l’adoption d’une loi d’urgence climatique pour arrêter l’expansion des énergies fossiles et réduire au plus vite nos émissions de gaz à effet de serre.
Ce vendredi 25 septembre, à l’Assemblée nationale, les Écologistes ont déposé une proposition de loi qui propose, entre autres, d’interdire aux entreprises françaises de financer ou de participer, directement ou indirectement, à l’ouverture de nouveaux projets fossiles (charbon, pétrole, gaz) en France ou à l’étranger.
Alors que nous sommes confrontés à des événements climatiques extrêmes d’une intensité inégalée, la scientifique Samantha Burgess, du Centre européen Copernicus, soulignant que « les humains n’ont pas connu des températures aussi élevées qu’aujourd’hui depuis, selon toute vraisemblance, au moins cent mille ans », le gouvernement et les parlementaires doivent inscrire dans le droit français l’interdiction pour nos entreprises de participer à l’expansion fossile.
C’est un impératif moral, mais aussi une obligation juridique, établie par la Cour internationale de justice, qui disposait en juillet 2025 que « le fait pour un État de ne pas prendre les mesures appropriées pour protéger le système climatique contre les émissions de GES ⎯ notamment en produisant ou en utilisant des combustibles fossiles, ou en octroyant des permis d’exploration ou des subventions pour les combustibles fossiles ⎯ peut constituer un fait internationalement illicite attribuable à cet État », et soulignait que « un État peut voir sa responsabilité engagée si, par exemple, il a manqué d’exercer la diligence requise en ne prenant pas les mesures réglementaires et législatives nécessaires pour limiter la quantité d’émissions causées par les acteurs privés relevant de sa juridiction ».
La lutte contre l’expansion fossile sera au cœur de la mobilisation du 26 septembre, avec son appel pour un plan d’atténuation et une « interdiction pour toute entreprise française d’ouvrir de nouveaux projets fossiles, ici comme ailleurs ».
Au gouvernement de mettre le sujet à l’agenda, ou aux Écologistes de l’imposer dans le débat lors de leur niche parlementaire le 3 décembre.
Il y a urgence.
06 juillet 2026
Dans une tribune d’une importance capitale, publiée aujourd’hui dans le journal Le Monde, 100 personnalités publiques plaident en faveur d’une Loi d’urgence climatique et la reconnaissance du crime de « globocide » afin d’arrêter les responsables de l’hécatombe climatique qui met l’humanité en danger. Ce texte intervient alors que démarre une troisième vague de chaleur après deux canicules exceptionnelles en seulement un mois et demi, et que la sécheresse estivale, qui s’annonce majeure, pourrait entraîner des pertes agricoles importantes et des mégafeux.
06 juillet 2026
À quand la prochaine fournaise ?
28 juin 2026
Combien de morts faudra-t-il ?
Nous ne sommes qu’en juin, et le bilan est déjà lourd.
La durée et l’intensité de la canicule ont mis nos corps et nos infrastructures à l’épreuve. Une femme a été retrouvée morte à son domicile, à même le sol, un oreiller sous la tête : elle cherchait à refroidir son corps. Un homme de 33 ans est décédé : son corps avait atteint 42°C. Les victimes ne sont pas que des personnes fragiles. Des jeunes entre 30 et 50, sans antécédent médical, se retrouvent en réanimation.
Cela n’était jamais arrivé, même pendant la canicule de 2003 (1) qui a entraîné le décès de 15 000 personnes. Et pourtant, rappelons-nous, celle-ci s’était produite en août, pas en juin !
Les hôpitaux débordent, les soignants sont soumis à des rythmes inhumains et s’évanouissent en plein service, les urgences sont saturées, les pompes funèbres débordées. Les pompiers s’attendent à une saison en enfer, et savent déjà « qu’ils ne vont jamais tenir » (2).
Les animaux succombent par centaines de milliers, les poissons étouffent et périssent dans les rivières.