07 janvier 2025
Nous avons presque cru à un miracle en lisant cette réaction du président de la région Bretagne Loïg Chesnais-Girard après le passage de notre fondatrice Claire Nouvian dans l’émission de Charles Pépin « Sous le soleil de Platon » sur France Inter le 2 janvier : “Oui, Claire Nouvian a raison, il faut contrôler la pêche industrielle.”
Venant de la région qui concentre 86% des méga-chalutiers industriels de plus de 50 mètres en France et d’un élu dont nous combattons la politique catastrophique menée avec sa majorité régionale, cela aurait tenu de la révolution que Loïg Chesnais-Girard donnât raison à BLOOM, à l’urgence climatique et aux scientifiques en reconnaissant la destructivité des pêches industrielles.
Malheureusement, ce n’était pas le cas.
La déclaration de M. Chesnais-Girard était assortie d’une phrase disant que Claire Nouvian avait « tort d’associer la Bretagne à ces pratiques désastreuses et hors sol ».
Malheureusement, elle n’avait pas tort : la région Bretagne est bel et bien associée aux pratiques désastreuses des pêches industrielles, qui sont ardemment soutenues par les pouvoirs publics, et qui n’existeraient pas sans eux.

Le communiqué de M. Chesnais-Girard est un condensé de tout ce que nous devons combattre ensemble en 2025 avant la Conférence des Nations Unies sur l’océan, qui sera accueillie par la France en juin prochain.
Pourquoi ?
Parce que les pêches industrielles sont la première cause de destruction de l’océan et que préserver l’océan est devenu une question de vie ou de mort pour l’humanité.
L’océan est le principal régulateur climatique de la planète. Il peut faire sans nous, mais nous, nous ne pouvons pas faire sans lui.
Or pour protéger l’océan, il faut commencer par arrêter de le détruire.
Il y a donc un verrou à faire sauter : l’alliance élus-lobbies qui empêche l’adoption de modèles centrés sur l’humain et la nature, à l’exact opposé de la ruine écologique, sociale et économique que les industriels sèment en France et dans le monde.
Il faut savoir que sans argent public, la pêche industrielle disparaîtrait, engloutie par ses factures de gasoil. La pêche industrielle a structurellement BESOIN du soutien des politiques.
Et ceux-ci sont au rendez-vous.
Loïg Chesnais-Girard fait mine de défendre les pêcheurs artisans mais il les condamne avec des votes faits sur-mesure pour les armateurs industriels, qu’il soutient envers et contre tout.
Prenons plusieurs exemples frappants :
Dans son communiqué du 2 janvier, Loïg Chesnais-Girard propose de faire exploser la définition mondiale de la pêche artisanale, également retenue par l’UE, comme des navires de moins de 12 mètres utilisant des engins à faible impact tels que le casier, la ligne ou le filet avec une nouvelle définition, sortie de son chapeau : qu’on appelle “pêche artisanale” tout navire faisant jusqu’à… 33 mètres !
Réinventer les catégories et semer la confusion n’est pas fortuit.
Cela permet de soutenir les industriels qui représentent une minorité des navires mais raflent la ressource au nez et à la barbe des artisans. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les navires de plus de 25 mètres débarquent la moitié des captures alors qu’ils ne représentent que 3% des navires !
Cela permet aussi de faire main basse sur l’argent public pour éponger la dette gasoil vertigineuse des industriels. Quitte à inventer des montages illégaux : c’est le cœur du plan mis en œuvre par Loïg Chesnais-Girard avec sa majorité au Conseil régional de Bretagne.
En février 2024, le président du Conseil régional de Bretagne a fait voter une “feuille de route” permettant de forcer les contribuables à soutenir les pires navires de pêche : les différentes formes de chalutage qui déforestent sans répit les écosystèmes marins.
Cette “feuille de route” du désastre ne faisait pas une seule fois mention de la petite pêche artisanale en… 112 pages de document !
Ce plan d’action productiviste et rétrograde représente un tel danger pour le secteur artisanal, le climat et l’océan que nous avons dû l’attaquer devant la justice.
En juin dernier, la région Bretagne a voté la création d’un fonds de trois millions d’euros qui va permettre, TENEZ-VOUS BIEN… de contourner l’interdiction européenne de subventionner la construction de navires de pêche !
L’argent public alimentera ainsi un fonds privé dont la région Bretagne sera la seule actionnaire : une sorte de société-écran permettant de siphonner des aides publiques pour accélérer la destruction de l’océan et du climat !
En décembre 2024, BLOOM a également saisi la justice à ce sujet.
On atteint ici l’acmé de l’irresponsabilité politique : ce fonds “Breizh Up Pêche” a été voté par tous les élus à l’exception notable des “Écologistes de Bretagne” (EELV), qui demeurent vaillants dans un contexte politique dystopique.
BLOOM se fixe la mission de renverser l’alliance toxique entre élus et industriels qui préfère les gains à la santé des écosystèmes, des humains et à la stabilité du climat, et in fine, détruit notre avenir.
17 février 2024
Un vote très important a eu lieu le vendredi 16 février au soir au Conseil régional de Bretagne. Une feuille de route pour la pêche a été adoptée, ignorant souverainement l’effondrement climatique et biologique en cours ainsi que la petite pêche côtière.
Ce vote rétrograde et sidérant mérite une explication.
16 février 2024
Malgré la forte mobilisation des pêcheurs artisans, des associations, des élus de divers bords et des citoyens sur les réseaux sociaux et à Saint-Malo en matinée du 15 février (environ 200 personnes présentes), le Président de région Loïg Chesnais-Girard n’a toujours pas annoncé retirer ce qui est devenu la pomme de discorde : la « feuille de route halieutique ».
16 avril 2024
Alors que la communauté internationale annonce en ce moment même à Athènes engager des moyens considérables pour protéger effectivement ses eaux et interdire le chalutage de fond dans ses aires marines protégées, BLOOM est contraint de se mobiliser en urgence pour forcer le lobby du chalut à renoncer à poursuivre dans une voie condamnée par la science.