28 septembre 2026
Ce lundi 28 septembre 2026, une coalition de 24 organisations issues de 10 pays européens, coordonnée par BLOOM, a interpellé la Commission européenne pour l’alerter sur l’orientation de la consultation publique organisée cet été pour préparer les futures lignes directrices relatives au devoir de vigilance des entreprises.
Nos organisations dénoncent une approche qui fait de la minimisation des coûts et de la compétitivité l’alpha et l’oméga de cette consultation, au détriment de l’objectif central de la directive : prévenir les atteintes aux droits humains et à l’environnement. Alors que l’administration Trump poursuit ses pressions contre cette législation malgré les affaiblissements déjà entérinés par l’Omnibus I en décembre 2025, la coalition demande à la Commission de préserver l’ambition de la directive, d’associer pleinement les détenteurs de droits à sa mise en œuvre et de publier l’intégralité des contributions reçues dans le cadre de la consultation qui vient de se clore.
Dix ans après l’effondrement du Rana Plaza, l’Union européenne adoptait en mai 2024 une directive historique concernant le devoir de vigilance des grandes entreprises opérant sur le marché européen. Cette législation a créé un cadre juridique européen pour rendre les grandes entreprises européennes et non-européennes opérant au sein de l’Union européenne responsables pour les violations des droits humains et la destruction de l’environnement perpétrées par leurs filiales, fournisseurs et sous-traitants de par le monde.
Une législation clé pour éviter d’ouvrir l’Union européenne aux pires vents de la mondialisation, défendre les normes sociales et environnementales européennes, et assurer aux citoyens et citoyennes européens qu’ils ne se rendent pas complices, par leurs achats ou leurs investissements, de l’esclavage moderne des Ouighours dans les usines chinoises, des sévices infligés aux pêcheurs retenus prisonniers sur les navires thoniers de la flotte taiwanaise, des violations des droits humains en Ouganda dans le projet EACOP de TotalEnergies, ou de l’ouverture de nouveaux projets fossiles dénoncés par les climatologues.
Les lignes directrices actuellement préparées par la Commission joueront un rôle déterminant dans l’application concrète du devoir de vigilance au sein de l’Union européenne.
Elles serviront de référence aux États membres lors de la transposition de la directive qui devra être achevée d’ici juillet 2028 dans tous les Etats de l’Union européenne, ainsi qu’aux entreprises chargées de mettre en œuvre leurs obligations de vigilance.
L’enjeu est considérable : ces lignes directrices contribueront à déterminer si le devoir de vigilance devient un véritable outil de prévention des atteintes aux droits humains et à l’environnement, ou au contraire un exercice de conformité administrative, dévoyé de toute capacité transformatrice de l’économie européenne et pesant inutilement sur les entreprises.
Cette séquence intervient quelques mois après l’adoption de l’Omnibus I, premier étage de la fusée de dérégulation lancée par Ursula von der Leyen à l’orée de sa nouvelle mandature européenne et théâtre d’une campagne d’ingérence inédite de l’administration Trump et du Qatar, et fruit d’un lobbying intense de l’industrie fossile et de la chimie pour considérablement affaiblir la directive sur le devoir de vigilance des entreprises (CSDDD) qui avait été adoptée en 2024.
Les Etats-Unis ont poursuivi leur entreprise d’affaiblissement de la directive dans le cadre de la consultation menée par la Commission. Le jour de la clôture de la consultation, le 14 août 2026, l’administration Trump a publié un communiqué menaçant l’Union européenne si cette dernière ne réduisait pas de nouveau la portée de la directive, en particulier vis-à-vis des entreprises américaines tombant dans le champ d’application du texte. Le gouvernement américain a également demandé à restreindre la capacité des parties prenantes à agir en justice face à une violation de leurs droits ou une dégradation de l’environnement.
Au-delà d’un communiqué public, les entreprises américaines ont également largement contribué à la consultation de la Commission, avec 41 réponses, soit 8% du total. Les Etats-Unis sont ainsi le 4ème pays le plus contributeur au processus, devant la France (27 réponses), l’Italie (26 réponses), et l’Espagne (21 réponses).
En vertu des principes de transparence, de responsabilité et de souveraineté de l’Union européenne, nos organisations appellent la Commission européenne à publier l’ensemble des contributions soumises dans le cadre de cette consultation.
Crédits : Philippe Stirnweiss / Parlement européen
03 juillet 2026
À l’heure où l’Union européenne déroule le tapis rouge aux lobbies en prévoyant d’affaiblir les garde-fous sanitaires et environnementaux de notre système agro-alimentaire (1), BLOOM révèle un nouveau dysfonctionnement profond du système de réglementation alimentaire européen, à l’origine de la contamination généralisée de notre alimentation.
Depuis les années 1990, la Commission européenne et les États membres façonnent nos normes alimentaires en toute opacité, sans contrôle citoyen ou parlementaire, et permettent que des denrées parfois hautement contaminées soient commercialisées, pour ne pas pénaliser les ventes et l’industrie. BLOOM a ainsi démontré que les limites maximales en mercure dans le thon ne garantissaient pas la sécurité sanitaire des consommateurs. Or, ce dysfonctionnement est loin d’être un cas isolé : il concerne l’ensemble des denrées alimentaires et substances toxiques, parmi lesquelles le cadmium, les PFAS, l’arsenic, ou encore les PCB.
BLOOM réitère en urgence sa demande de statut d’observateur à la Commission européenne et la mise en œuvre d’une méthode de fixation des normes dans l’alimentation, fondée sur la véritable protection de la santé des Européens.
01 juin 2026
Un an et demi après les révélations de BLOOM et Foodwatch France sur la contamination généralisée du thon au mercure, et plutôt que d’agir pour protéger la santé publique, les industriels de la pêche s’emploient à regagner la confiance de consommateurs qui s’étaient légitimement détournés de leurs boîtes préférées. Petit Navire, en tête de cette offensive, fait fi des recommandations des agences sanitaires sur ce dangereux métal neurotoxique et multiplie les initiatives de communication mensongères, alternant une opération de « transparence » inédite et une campagne publicitaire de grande ampleur. Son seul argument ? Le thon vendu respecte le seuil réglementaire de mercure.
Comble de l’ironie, Petit Navire cible désormais les sportifs et les adeptes d’une alimentation saine à travers une vaste campagne de communication vantant les qualités nutritionnelles du thon, tout en passant soigneusement sous silence les risques toxicologiques associés à sa consommation.
Ces efforts pour restaurer son image masquent mal l’opacité organisée de cette opération et révèlent la priorité donnée par la marque à la préservation de ses ventes, quitte à continuer d’exposer durablement les consommateurs au mercure.
21 mai 2026
Les associations Générations Futures, Notre Affaire à Tous et BLOOM ainsi que des riverains de territoires hot spots contaminés, représentés par Me Antoine Clerc, attaquent l’État devant le tribunal administratif de Paris pour faire reconnaître sa responsabilité dans le scandale des PFAS.