02 mai 2025
Le 28 avril 2025, la Cour permanente d’arbitrage de la Haye a établi, dans une décision historique, la primauté des considérations environnementales sur les intérêts économiques, dans le cadre d’un litige opposant le Royaume-Uni et l’Union européenne. La sentence a en effet largement confirmé la décision du gouvernement britannique de mars 2024 qui vise à interdire la pêche au lançon dans les eaux écossaises et anglaises de la mer du Nord. Cette décision reconnaît officiellement la légitimité de l’approche britannique fondée sur des données scientifiques et le principe de précaution pour protéger la biodiversité marine et marque le coup d’arrêt à la cabale antiécologique lancée par la France et une coalition d’États membres de l’Union européenne à l’encontre de leur voisin d’outre-Manche.
C’est une victoire pour la science et l’avenir de notre planète, une victoire qui coupe dans son élan le pouvoir de nuisance de la France et de la coalition qu’elle a initié en mars 2024 pour détricoter l’ambition britannique. Pour la première fois dans l’histoire des relations post-Brexit entre le Royaume-Uni et l’UE, un tribunal arbitral reconnaît que les considérations environnementales peuvent prévaloir sur les intérêts économiques.
Derrière cette décision visant à interdire la pêche au lançon dans la mer du Nord et dans la mer d’Ecosse se cache une victoire d’ampleur pour l’avenir de l’océan : comme l’explique Charles Clover, cofondateur et conseiller principal de la Blue Marine Foundation « C’est une victoire importante pour la conservation car, pour la première fois dans les relations entre le Royaume-Uni et l’UE, un tribunal confirme sur 4 points juridiques sur 5 que le droit environnemental prime sur les intérêts étroits de la pêche ». En effet, non seulement la Cour rejette la plupart des demandes de l’UE en considérant que la décision du Royaume-Uni d’interdire cette technique de pêche « est basée sur les meilleurs avis scientifiques disponibles » et « ne va pas à l’encontre du principe de non-discrimination », mais cet arbitrage confirme que cette mesure est applicable en l’état dans les eaux écossaises. L’interdiction dans les eaux anglaises le sera à terme, après un ajustement par les autorités britanniques qui devront prendre les mesures nécessaires pour s’assurer de l’application pleine et entière du principe de proportionnalité.
Pour Swann Bommier, directeur du plaidoyer chez BLOOM, « avec cette décision de la Cour permanente d’arbitrage de La Haye, l’Union européenne a découvert que suivre aveuglément le lobby de la pêche industrielle est voué à l’échec. La Cour a souligné que les mesures mises en œuvre par le Royaume-Uni pour protéger les océans n’étaient pas discriminatoires à l’égard des pêcheries de l’UE, et qu’elles suivaient les recommandations scientifiques internationales visant à garantir l’avenir des écosystèmes marins et des pêcheries. Il est grand temps que la France suive l’exemple du gouvernement britannique dans la lutte contre l’érosion dramatique de la biodiversité et le changement climatique en mettant en œuvre une véritable politique de protection du milieu marin ».
Ce verdict vient clore une cabale dictée par le lobby de la pêche industrielle qui illustre, une fois de plus, le pouvoir de nuisance de la France non seulement dans ses eaux, mais aussi à l’échelle européenne. Au lieu de soutenir la mise en œuvre de mesures destinées à protéger l’océan face aux ravages causés par la pêche industrielle, la France a en effet monté une coalition européenne contre le Royaume-Uni, qui avait engagé une série de mesures écologiques, et continue aujourd’hui encore de saper toute ambition européenne.
À quelques semaines de la présentation par la Commission européenne de son EU Ocean Pact et de l’accueil par la France de la Conférence des Nations Unies sur l’Océan, cette annonce constitue un nouveau désaveu pour la France qui, en tant que deuxième puissance maritime mondiale, doit désormais faire face à ses responsabilités et protéger ses eaux en instaurant de véritables aires marines protégées sans chalutage, et sans activité ou infrastructure industrielle.