28 avril 2025
Alors que s’ouvre aujourd’hui à Busan la conférence internationale « Our Ocean, our action » dédiée à la protection de l’océan, la France se démarque par son action diplomatique délétère, compromettant l’avenir de l’océan et du climat.
À quelques semaines de la présentation du Pacte européen pour l’océan et de l’accueil de la Conférence des Nations Unies pour l’océan à Nice, la France devrait, en tant que première puissance maritime européenne, prendre ses responsabilités et annoncer enfin de vraies mesures pour la protection des eaux françaises et européennes. Pourtant, à rebours des recommandations scientifiques et des objectifs internationaux, la France se fait encore et toujours la porte-parole des lobbies industriels.
Alors que s’ouvre à Busan la conférence internationale « Our Ocean, our Action », la France brille par son pouvoir de nuisance, qui s’étend et se diffuse à toutes les échelles. Au lieu de soutenir la mise en œuvre de mesures essentielles à la protection de la biodiversité marine et à la transition du secteur de la pêche, la France continue de saper toute ambition européenne en faisant la promotion du concept de « protection au cas par cas », inventé de toutes pièces par les lobbies de la pêche industrielle, ou en orchestrant au sein de l’Union européenne une cabale judiciaire pour saper l’ambition écologique de son voisin britannique.
Ainsi, quand le Royaume-Uni avait mis en œuvre des mesures de protection de ses eaux en mars 2024 pour interdire le chalutage de fond dans certaines de ses aires marines protégées, la France avait immédiatement monté une coalition de pays pour s’opposer à de telles avancées, allant même jusqu’à menacer ouvertement le Royaume-Uni de « mesures de rétorsion ». Choses promises, choses dues : le 25 octobre 2024, l’Union européenne engageait une procédure d’arbitrage contre le Royaume-Uni auprès du tribunal permanent de La Haye, à la demande de la coalition d’États européens farouchement opposés à toute protection des eaux européennes, en premier lieu desquels la France. Cette offensive judiciaire, qui conteste l’interdiction britannique de la pêche industrielle au lançon, pourrait ouvrir la voie à de potentielles attaques systématiques quant à la protection des eaux britanniques. Le verdict de cette procédure d’arbitrage international est attendu dans les prochains jours, alors que nous publierons ce mardi 29 avril une enquête inédite démontrant comment la France a dévoyé les aides européennes liées au Brexit pour favoriser le lobby de la pêche industrielle.
La conférence internationale de Busan « Our ocean, our action » représente pour la France l’une des dernières opportunités avant l’accueil de la troisième conférence des Nations Unies à Nice pour se mettre au diapason des recommandations scientifiques, mettre fin à son hypocrisie, dénoncée jusque dans les colonnes de la prestigieuse revue scientifique Nature, et couper le cordon qui lie depuis des années les gouvernements successifs au lobby industriel. L’interdiction du chalutage et des activités et infrastructures industrielles dans nos aires marines dites « protégées » est attendue par la communauté internationale, qui exprimait clairement cette demande lors du sommet « SOS Océan » organisé par le Président de la République au Trocadéro ces 30 et 31 mars 2025. Il est temps pour la France de tourner la page à des années d’actions diplomatiques délétères. Les jours à venir seront décisifs.