30 septembre 2026
Claire Nouvian, Baptiste Morizot et Daniel Pauly
Préface de Didier Gascuel, professeur émérite en écologie marine et sciences halieutiques à l’Institut Agro et de Harold Levrel, professeur d’économie au Muséum national d’Histoire naturelle.
L’océan et les pêcheurs sont exsangues. En quelques dizaines d’années, la pêche est passée d’une activité artisanale à une activité méga-industrielle fondée sur une exploitation sans répit des animaux marins dans toutes les mers du globe, au profit non plus de l’alimentation des humains mais d’une poignée de spéculateurs. Face à ce qui constitue une tragédie planétaire, Claire Nouvian, Baptiste Morizot et Daniel Pauly proposent de retirer le nom de « pêche » à l’activité des flottes méga-industrielles qui corrompent, par essence, la nature même de cette activité ancestrale et essentielle pour la sécurité alimentaire mondiale. Ensemble, ils proposent de parler de « contre-pêche » et de refuser le droit à des industries « mortes » économiquement, climaticides, énergivores et dépendantes des subventions publiques, d’usurper le nom de « pêche », notamment lorsque leurs lobbies puissants s’adressent aux décideurs politiques.
Ensemble, les auteurs fixent le seuil à partir duquel la pêche devient sa propre négation : 33 mètres. Au-delà, la contre-pêche, une activité « zombie » au sens économique, génère mort, pillages, destructions, ravages climatiques et déficit public. Les auteurs s’emparent de la question de la pêche, mais la méthode qu’ils dessinent pour désarmer un dispositif qui détruit ce qu’il prétend produire peut s’appliquer à d’autres secteurs interagissant avec le vivant. En cela, ce livre propose une révolution mondiale permettant de mettre fin à la première cause de destruction de l’océan : la pêche méga industrielle : 1% des navires qui menacent 99% des pêcheurs.
Cet essai, qui se saisit des recherches récentes menées par l’association BLOOM au sein du groupement de recherche « Pêche d’avenir » paraît dans un contexte politique clef : la réforme en cours du budget européen, qui constitue sans doute l’un des derniers virages pour sauver ce qu’il reste du secteur de la pêche et des écosystèmes marins au niveau européen et même mondial. Reprendre la mer force à sortir de la passivité face au désastre et à refuser la mainmise des oligopoles méga-industriels sur l’océan et les institutions politiques.
« Partout où quelque chose va mal, quelque chose est devenu trop grand » est la règle universelle, édictée par le philosophe Leopold Kohr, autour de laquelle s’articule l’argumentation en faveur d’une « Longueur maximale tolérable » : le seuil, enfin identifié, au-delà duquel les auteurs entendent bien mettre fin à la démesure et au gigantisme méga-industriels qui ont été soutenus, encouragés et financés par des années de politiques publiques irresponsables.
4ème de couverture :
« Nous sommes pris dans des systèmes techniques devenus destructeurs : ce qui émancipe semble irrémédiablement tressé à ce qui ravage. D’où les deux paresses de l’époque — la technophilie, qui promet que le système réparera ses dégâts, et la technophobie, qui idéalise le retour au « petit » comme la seule bonne mesure. Nommer l’instant où une chose devient son contraire et se corrompt exigeait un terrain net : la mer. Depuis 1970, l’océan a perdu plus de la moitié de sa vie. La pêche industrielle a réussi l’impossible : le vider. Les ports ferment, les flottes artisanales meurent, les marins du Sud sont broyés. Le mot « pêche » abrite deux réalités que tout oppose : l’une vit de la mer et la laisse vivre, l’autre la dévore, et tout ce qui en dépend. Pour les séparer, il fallait la rencontre d’une militante, d’un scientifique et d’un philosophe. Ensemble, ils ont tracé la limite au-delà de laquelle l’activité devient sa propre négation : une contre-pêche. Ce livre entend la désarmer. La méthode qu’ils ont imaginée peut nous inspirer partout où un dispositif détruit ce qu’il prétend produire : où commence la contre agriculture ? La contre-foresterie ? Leur ligne refuse les oppositions binaires entre protecteurs de l’environnement et défenseurs de l’économie, et invite à forger des alliances inattendues. Ce livre ouvre la possibilité d’une victoire écologique et sociale sans précédent. Un horizon : reprendre la mer. »
Claire Nouvian est une militante écologiste française, récompensée pour les combats victorieux qu’elle a menés avec l’ONG scientifique BLOOM, fondée en 2004, contre la destruction de l’océan, tels que l’interdiction du chalutage en eaux profondes et de la pêche électrique. En 2018, elle reçoit le Prix Goldman pour l’environnement.
Baptiste Morizot est un philosophe français spécialiste du vivant. Il est l’auteur de nombreux ouvrages à succès, dont Les Diplomates (Wildproject, 2016) et Sur la piste animale (Actes Sud, 2018).
Daniel Pauly est professeur à l’Université de Colombie-Britannique au Canada. Auteur de plus de 500 publications scientifiques, il est considéré comme le plus grand expert mondial des ressources marines, celui par lequel le monde a pris conscience des ravages imposés à l’océan par les pêches industrielles.
29 septembre 2026
À l’heure où l’Union européenne s’apprête à voter son budget pour les sept prochaines années, BLOOM révèle aujourd’hui une campagne inédite pour obtenir le démantèlement du segment représentant 1% des navires européens mais la majorité des dégâts infligés à l’océan et au secteur de la pêche : les navires de plus de 33 mètres. Cette « Longueur Maximale Tolérable », proposée aux décideurs politiques pour la première fois dans le monde, a été identifiée scientifiquement en croisant divers paramètres, notamment celui de l’éloignement des activités de capture des poissons par rapport aux ports d’attache des flottes. Les navires méga-industriels opèrent ainsi en moyenne à une distance de 4000 km de leur port d’enregistrement et utilisent à 84% des engins à fort impact environnemental comme le chalut.
La campagne de BLOOM s’appuie sur deux publications exclusives : un rapport scientifique « 33 mètres. La longueur maximale tolérable », et un livre, paraissant le 30 septembre aux éditions Les Liens qui Libèrent, intitulé Reprendre La mer signé de la fondatrice de BLOOM Claire Nouvian, du philosophe Baptiste Morizot et de l’expert mondial de l’océan, le professeur Daniel Pauly.
21 septembre 2026
À l’heure où l’Union européenne s’apprête à voter son budget pour les sept prochaines années, BLOOM, en collaboration avec le cabinet d’études environnementales AScA, retrace, dans un rapport inédit, comment 80 années d’industrialisation des pêches ont mené au verrouillage du secteur et à une immense faillite écologique, économique et sociale.
11 juin 2026
Alors que l’Union européenne s’apprête à adopter un nouveau budget pour la période 2028-2034 et à renouveler son soutien au secteur européen de la pêche à hauteur d’un peu plus de 7 milliards d’euros, BLOOM publie une analyse exclusive intitulée « Les Milliards gâchés » pour répondre à des questions essentielles telles que : quel est le montant exact de fonds qui ont été alloués au secteur de la pêche depuis la mise en place de subventions publiques européennes dédiées en 1994 ? Qu’a-t-on accompli avec cette manne de plusieurs milliards d’euros ?
Coupons court au suspense : rien de positif, malheureusement. Plus de trois décennies de financement public européen du secteur de la pêche ont abouti à la destruction de l’océan et des moyens de subsistance de communautés entières de pêcheurs dans l’Union européenne, tout en sapant la souveraineté alimentaire et les performances économiques du secteur.
Les difficultés que nous avons eues pour rassembler les données nécessaires à la réalisation de cette étude en disent long sur la gouvernance dysfonctionnelle du secteur de la pêche.
Comme notre recherche s’est strictement concentrée sur les dépenses publiques, nous aurions pu nous attendre à ce que toutes les données relatives au soutien financier public accordé au secteur de la pêche soient accessibles en parfaite transparence. C’est loin d’être le cas. Les données sont si opaques ou incomplètes qu’il est presque impossible de fournir une évaluation exhaustive des dépenses publiques consacrées au secteur de la pêche sans mener des recherches fastidieuses dans les dossiers éparpillés de subventions de chaque État membre. Malgré cette opacité qui n’est pas fortuite, les chercheurs de BLOOM ont réussi à reconstituer dans les grandes lignes les subventions publiques accordées par l’UE au secteur de la pêche.