29 septembre 2026
À l’heure où l’Union européenne s’apprête à voter son budget pour les sept prochaines années, BLOOM révèle aujourd’hui une campagne inédite pour obtenir le démantèlement du segment représentant 1% des navires européens mais la majorité des dégâts infligés à l’océan et au secteur de la pêche : les navires de plus de 33 mètres. Cette « Longueur Maximale Tolérable », proposée aux décideurs politiques pour la première fois dans le monde, a été identifiée scientifiquement en croisant divers paramètres, notamment celui de l’éloignement des activités de capture des poissons par rapport aux ports d’attache des flottes. Les navires méga-industriels opèrent ainsi en moyenne à une distance de 4000 km de leur port d’enregistrement et utilisent à 84% des engins à fort impact environnemental comme le chalut.
La campagne de BLOOM s’appuie sur deux publications exclusives : un rapport scientifique « 33 mètres. La longueur maximale tolérable », et un livre, paraissant le 30 septembre aux éditions Les Liens qui Libèrent, intitulé Reprendre La mer signé de la fondatrice de BLOOM Claire Nouvian, du philosophe Baptiste Morizot et de l’expert mondial de l’océan, le professeur Daniel Pauly.
BLOOM réclame le démantèlement des 638 navires de plus de 33 mètres détruisant bien plus que l’océan : 99% des pêcheurs aussi et la démocratie par un lobbying puissant et contraire à l’intérêt général. Un navire sur sept dans ce segment de 1% d’ogres méga-industriels est impliqué dans une affaire de fraude, de pêche illégale ou de corruption. L’étude de BLOOM rappelle que sans les subventions publiques dont les flottes méga-industrielles dépendent structurellement, les ravages cesseraient immédiatement.
Les demandes de BLOOM œuvrant pour la préservation de l’océan et la survie du secteur de la pêche en Europe sont portées sous forme d’amendements dans le cadre de la réforme du budget par plusieurs députés dont les Français David Cormand (The Greens/EELV) et Emma Fourreau (The Left/LFI) siégeant au Parlement européen.
Le trimestre qui s’annonce est décisif et constitue sans doute l’un des derniers virages pour sauver ce qu’il reste de la pêche et des écosystèmes marins européens. En effet, les négociations sur le prochain « cadre financier pluriannuel » (CFP) ont commencé à Bruxelles et sur la période 2028-2034, ce sont entre 3,5 et 7 milliards d’euros qui pourraient être fléchés au secteur de la pêche.
C’est à l’aune de cette réforme budgétaire clef que BLOOM s’est penchée sur l’épineuse question du seuil de tolérance que la société devrait adopter par rapport aux activités destructrices, notamment celles impactant le vivant et les ressources naturelles. Les chercheurs de BLOOM ont identifié le point à partir duquel le gigantisme, financé et encouragé par l’Union européenne, détruit plus de richesses sociales, biologiques et économiques qu’il n’en produit, introduisant ainsi le tout nouveau concept de « Longueur Maximale Tolérable » (LMT) pour l’océan. Cette LMT a été identifiée à 33 mètres. Au-delà de 33 mètres, les navires concentrent les pratiques les plus destructrices : 84 % utilisent des engins traînants (chaluts ou sennes) et passent 50 % de leur temps de pêche hors des eaux européennes, à une distance moyenne de 4 000 km. Ces méga-navires ne représentent pourtant que 1% de la flotte soit 638 navires au niveau de l’UE et sont ceux qui absorbent le plus de subventions tout en capturant la moitié des poissons.
Face à ces navires-usines, l’enjeu est triple : mettre fin au financement d’un modèle déficitaire, préserver les emplois et garantir notre souveraineté alimentaire. La question n’est pas seulement celle, fondamentale, de protéger l’océan, elle est aussi de préserver les conditions mêmes de l’existence de la pêche : depuis 2017, la pêche européenne a perdu 25% de ses emplois à temps plein, alors même que la petite pêche artisanale crée jusqu’à 4 fois plus de valeur ajoutée que les plus grands navires et 10 fois plus d’emplois par tonne de poisson débarquée.
Comme le notent les trois auteurs du livre Reprendre La mer : « Nous proposons d’utiliser pour une fois à bon escient, et pour la dernière fois les concernant, l’argent public des Européens pour financer le démantèlement des navires dont la longueur est égale ou supérieure à trente-trois mètres. Au lieu de payer chaque année pour une flotte Titanic qui entraîne un secteur tout entier dans son naufrage ».
21 septembre 2026
À l’heure où l’Union européenne s’apprête à voter son budget pour les sept prochaines années, BLOOM, en collaboration avec le cabinet d’études environnementales AScA, retrace, dans un rapport inédit, comment 80 années d’industrialisation des pêches ont mené au verrouillage du secteur et à une immense faillite écologique, économique et sociale.
11 juin 2026
Alors que l’Union européenne s’apprête à adopter un nouveau budget pour la période 2028-2034 et à renouveler son soutien au secteur européen de la pêche à hauteur d’un peu plus de 7 milliards d’euros, BLOOM publie une analyse exclusive intitulée « Les Milliards gâchés » pour répondre à des questions essentielles telles que : quel est le montant exact de fonds qui ont été alloués au secteur de la pêche depuis la mise en place de subventions publiques européennes dédiées en 1994 ? Qu’a-t-on accompli avec cette manne de plusieurs milliards d’euros ?
Coupons court au suspense : rien de positif, malheureusement. Plus de trois décennies de financement public européen du secteur de la pêche ont abouti à la destruction de l’océan et des moyens de subsistance de communautés entières de pêcheurs dans l’Union européenne, tout en sapant la souveraineté alimentaire et les performances économiques du secteur.
Les difficultés que nous avons eues pour rassembler les données nécessaires à la réalisation de cette étude en disent long sur la gouvernance dysfonctionnelle du secteur de la pêche.
Comme notre recherche s’est strictement concentrée sur les dépenses publiques, nous aurions pu nous attendre à ce que toutes les données relatives au soutien financier public accordé au secteur de la pêche soient accessibles en parfaite transparence. C’est loin d’être le cas. Les données sont si opaques ou incomplètes qu’il est presque impossible de fournir une évaluation exhaustive des dépenses publiques consacrées au secteur de la pêche sans mener des recherches fastidieuses dans les dossiers éparpillés de subventions de chaque État membre. Malgré cette opacité qui n’est pas fortuite, les chercheurs de BLOOM ont réussi à reconstituer dans les grandes lignes les subventions publiques accordées par l’UE au secteur de la pêche.
28 mai 2026
Le secteur de la pêche française est sous emprise. Ses instances de représentation, de pouvoir, et de décision, ont été colonisées par une minorité d’acteurs représentant les flottes de pêche industrielles ou œuvrant à leur profit. L’équipe de BLOOM a enquêté pendant plus d’un an, et analysé des centaines de documents, pour établir une cartographie de ceux qui contrôlent véritablement la pêche française. Par l’entremise personnelle de leurs dirigeants mais aussi d’un certain nombre de lobbyistes puissants, bien que méconnus du grand public, les industriels ont verrouillé à leur avantage tout le secteur de la pêche, notamment ses deux instances les plus stratégiques : le “Comité national des pêches maritimes et des élevages marins” (CNPMEM), qui élabore la règlementation du secteur, et les Organisations de producteurs (OP), qui attribuent la richesse convoitée par tous : les quotas de poissons.