Association Bloom

Contre la destruction de l'océan, du climat et des pêcheurs artisans

Une ONG 100% efficace

Vous mobiliser Faire un don

06 avril 2026

Santé et biodiversité : sous l’étendard du One Health Summit, la dangereuse inertie des pouvoirs publics

Alors que le grand raout qui s’ouvre ce dimanche à Lyon va marteler que la santé humaine dépend de celle des écosystèmes, à Bruxelles comme à Paris des coalitions entre la droite et l’extrême droite affaiblissent nos normes sanitaires et environnementales, dénonce un collectif d’ONG et de personnalités.

Organisé à l’initiative du président de la République, dans le cadre de la présidence française du G7, le sommet « One Health » s’ouvre le 5 avril à Lyon. Son ambition est claire : reconnaître que la santé humaine dépend de celle des écosystèmes, et faire de cette approche « une boussole pour l’élaboration de nos politiques publiques ». 

Cette ambition louable se heurte à une réalité alarmante : en France comme en Europe, l’action publique contredit frontalement ces objectifs. Ces dernières années ont été marquées par des scandales sanitaires, le blocage de mesures favorisant une alimentation plus saine et des reculs environnementaux révélant les failles d’un État qui néglige son rôle de protecteur.

Ce rôle est pourtant inscrit au sommet de notre hiérarchie des normes. L’État a le devoir de protéger la santé publique. La Charte de l’environnement de 2004, incluse dans la Constitution, souligne que « l’avenir et l’existence même de l’humanité sont indissociables de son milieu naturel » et affirme, là encore, le droit de chacun à vivre dans un environnement respectueux de la santé.

Or, l’écart entre ces obligations et les décisions prises est de plus en plus criant. D’un côté, les alertes s’accumulent : les maladies chroniques et les cancers explosent, nos milieux de vie sont contaminés par des substances chimiques toxiques, les événements climatiques extrêmes se multiplient. De l’autre, les décisions publiques convergent vers un même résultat : retarder, affaiblir ou détruire les mesures de protection et les agences publiques associées, telles que Santé Publique France et l’Office Français de la Biodiversité.

Cette mécanique est d’abord liée à l’influence des intérêts économiques les plus puissants sur la décision politique. La loi Duplomb en est un cas d’école. Soutenue par les lobbies agro-industriels, promulguée en dépit des études scientifiques et malgré la mobilisation citoyenne inédite de l’été dernier, elle favorise des modèles insoutenables en accroissant la pression sur la ressource en eau et en levant les limites à l’extension des élevages intensifs.

Le même mépris de l’intérêt général transparaît à l’échelle de l’UE dans la série d’offensives visant à démanteler les normes sanitaires et environnementales, que le gouvernement français accompagne, voire encourage. Sous couvert de « simplification », les projets de lois « omnibus », portés par une coalition entre droite libérale, droite conservatrice et extrême-droite, détricotent depuis 2024 des réglementations que les majorités précédentes ont mis des années à construire, comme celle sur le devoir de vigilance, qui rendait enfin redevables les multinationales et qui n’a même pas eu le temps de produire ses effets. L’Omnibus X actuellement porté par la Commission européenne en est une autre illustration : affaiblissant l’évaluation des pesticides, il fait primer les intérêts industriels de court terme sur la santé publique. 

Mais cette responsabilité ne se limite pas à des arbitrages législatifs. Elle engage parfois aussi la transparence de l’État, comme dans l’affaire Nestlé Waters : informé dès 2021 de fraudes liées à la production d’eaux minérales et à leur contamination, l’exécutif a omis d’alerter les autorités compétentes. La commission d’enquête sénatoriale a conclu à une dissimulation de l’État et une enquête judiciaire est en cours. Un tel manquement alimente les soupçons de collusion entre l’exécutif et les grands groupes et fragilise la confiance dans nos institutions. 

Au lieu de protéger la population et d’accélérer la transition agroécologique, seule à même de garantir stabilité et sécurité pour les décennies à venir, le gouvernement poursuit des politiques qui ne bénéficient qu’à une poignée d’acteurs économiques, au détriment de l’intérêt général. La stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (SNANC), dont la publication a été freinée par Matignon durant plus de deux ans, est un symptôme de ce statu quo. Alors que les scientifiques affirment qu’il est impératif pour la santé humaine et/ou celle des écosystèmes que nous réduisions notre consommation de viande, de poisson et de produits ultra-transformés, la SNANC ne fixe ni objectifs chiffrés, ni cap assez ferme pour orienter cette transition alimentaire. Dans le même temps, les autorités ne proposent aucune réponse à la hauteur face aux contaminations de notre alimentation, que ce soit aux résidus de pesticides, aux PFAS ou à des métaux lourds comme le mercure ou le cadmium.

Nous en sommes arrivés à un tel degré de déni que lorsque des mesures de protection sont enfin proposées, elles sont combattues pied à pied dans l’arène politique. En février 2026, une loi visant à protéger les 1100 captages d’eau potable les plus vulnérables aux pesticides a été mise à l’examen à l’Assemblée : elle a aussitôt fait face à une obstruction en règle du Rassemblement national et des Républicains, tandis que le gouvernement s’activait pour la vider de sa substance. Ce refus de traiter le problème va à l’encontre des recommandations du Haut-Commissariat à la Stratégie et au Plan – et ce, dans un contexte où 14 300 captages sur 32 900 ont été fermés depuis 1980, dont un tiers en raison de la pollution aux pesticides et aux nitrates.

Ainsi se dessine une logique systémique : à Bruxelles comme à Paris, les coalitions entre la droite libérale, la droite conservatrice et l’extrême-droite affaiblissent nos normes sous l’influence des lobbies et s’accommodent d’une inertie dangereuse face aux alertes des scientifiques.

À un an des présidentielles, l’approche « Une seule santé » ne peut plus être un étendard diplomatique et, dans le même temps, un angle mort des politiques publiques. Les décideurs politiques doivent faire de cet objectif une ligne directrice contraignante, en fondant leurs décisions sur la science et en résistant aux pressions qui mettent à mal notre droit à un environnement sain. Faute de quoi, ils aggraveront leur lourde responsabilité dans les crises hélas parfaitement prédictibles que nous connaîtrons demain, fragilisant d’autant notre démocratie.

Liste des premiers signataires :

Laure Ducos, Directrice des campagnes de BLOOM

Nadine Lauverjat, Déléguée générale de Générations Futures

Karine Jacquemart, Directrice générale de foodwatch France

Jérémie Suissa, Délégué général de Notre Affaire à Tous

Martin Rieussec-Fournier, Président Mutuelles pour la santé planétaire

Morgane Créach, Directrice générale du Réseau Action Climat

Martin Dermine, Directeur exécutif du Pesticide Action Network (PAN) Europe

Olivier Chaloche et Loïc Madeline, Co-présidents de la FNAB (Fédération nationale d’agriculture biologique)

Hans van Scharen, Chercheur chez Corporate Europe Observatory (CEO)

Eric John, Président Fédération Terre de Liens

Bertrand Isidor, Généticien au CHU de Nantes

Nathalie Mayance, Présidente chez Macif Santé Prévoyance

Patrick Bertrand, Directeur d’Action santé mondiale

Gérard Bapt, Médecin conseil de l’Association Française des Malades de la Thyroïde

Françoise Vernet, Présidente d’honneur de Terre & Humanisme

Olivier Ledouble, Secrétaire général de la CGT Environnement

Julien Lucy, Directeur de Bio Consom’acteurs

Lorana VINCENT, Déléguée générale de VRAC France

Mathieu Nollet, Président de l’AVF (Association Végétarienne de France)

Fleur Breteau, Porte-parole du collectif Cancer Colère

Laurence Veyne, Co-directrice par intérim, Greenpeace France

Retrouvez ici la liste complète des signataires.

Contenus
associés

27 février 2026

Victoire pour la santé : l’Anses redouble de précaution sur la contamination au mercure

Victoire pour la santé : l’Anses redouble de précaution sur la contamination au mercure

En octobre 2024, BLOOM et Foodwatch France alertaient sur les risques posés par la consommation de thon contenant du mercure, un métal neurotoxique classé par l’Organisation Mondiale de la Santé (1) (OMS) comme l’une des dix substances les plus préoccupantes pour la santé publique. Depuis notre signal d’alarme, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a revu son appréciation du risque de contamination au mercure (2): la Dose Hebdomadaire Tolérable (DHT) de la substance a été divisée par deux depuis la dernière publication Anses sur le sujet, établissant dorénavant à près de 890 000 le nombre d’enfants exposés à des risques graves pour leur santé. Au total, ce sont un enfant sur quinze et un adulte sur vingt qui dépassent la DHT. Cette mise à jour constitue une victoire d’étape pour notre campagne et rappelle au gouvernement et à la grande distribution l’inacceptabilité de leur inaction.   

17 février 2026

32 associations déterminées à obtenir 100 produits bons pour la santé vendus à prix coûtant dans les supermarchés

32 associations déterminées à obtenir 100 produits bons pour la santé vendus à prix coûtant dans les supermarchés

Parce que manger sainement ne devrait être un luxe pour personne, il est urgent de permettre l’accès à 100 aliments bons pour la santé à prix coûtant. Emmenées par foodwatch, Familles Rurales et le Secours catholique, 32 associations de consommateurs, de lutte contre la précarité, de malades, de professionnels de santé, de défense de la santé environnementale s’allient dans une mobilisation inédite portée par une pétition commune, pour rendre cette mesure enfin obligatoire dans tous les super et hypermarchés.

Ensemble, les 32 associations rappellent que l’accès à une alimentation saine et durable, accessible à toutes et tous et assurant une rémunération juste aux agriculteurs et agricultrices est un droit fondamental.

12 février 2026

Un enfant sur quinze contaminé au mercure : l’État doit agir

Un enfant sur quinze contaminé au mercure : l’État doit agir

Jeudi 12 février 2026, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) publiait un avis alarmant (1) : un enfant sur quinze dépasse les seuils de sûreté sanitaire en mercure (2) en raison de sa consommation de poisson. Les impacts sur la santé impliquent notamment des troubles du comportement ou des retards de développement cérébral (3). Alors que le gouvernement refuse d’agir depuis les alertes de BLOOM et Foodwatch fin 2024 sur la contamination au mercure du thon en boîte, l’Anses réaffirme aujourd’hui que l’exposition des Français au mercure est un enjeu de santé publique majeur. Ces conclusions rappellent le gouvernement à sa mission : celle de faire de la protection des citoyens une priorité. À la lumière des résultats de l’Anses et des révélations de l’enquête de BLOOM (4), les associations BLOOM, Foodwatch, et l’adjoint au maire de Mouans-Sartoux Gilles Pérole, demandent aujourd’hui à l’État d’abaisser la limite maximale de mercure autorisé dans le thon au seuil le plus protecteur qui existe actuellement pour d’autres poissons, c’est-à-dire 0,3 mg/kg.

Vous aussi, agissez pour l'Océan !

Faire un don
Réservation en ligne
Je réserve un hôtel solidaire

Je réserve un hôtel solidaire

Achat solidaire
Je fais un achat solidaire

Je fais un achat solidaire

Mobilisation
Je défends les combats de BLOOM

Je défends les combats de BLOOM

Contre-pouvoir citoyen
J’alerte les décideurs

J’alerte les décideurs