03 décembre 2024
Dans le cadre de la coalition DecarboniseNow, BLOOM co-signe une lettre demandant à M. Costas Kadis (Commissaire européen pour la pêche et les océans) et à M. Wopke Hoekstra (Commissaire pour le climat, la neutralité carbone et la croissance propre) de défendre l’élimination progressive des subventions aux carburants fossiles dont bénéficient les flottes de pêche européennes et de soutenir la transition sociale et écologique du secteur de la pêche.
Après avoir reçu l’approbation formelle des députés européens lors du vote qui s’est tenu le 27 novembre au Parlement européen à Strasbourg, les nouveaux commissaires européens ont officiellement pris leurs fonctions ce dimanche 1er novembre.
S’ils ont certes été approuvés, ce n’est toutefois qu’avec une courte majorité (54% de voix favorables). À peine proposée par Ursula von der Leyen, cette nouvelle Commission a en effet été vivement critiquée, non seulement en raison de sa nette inclination à droite (15 portefeuilles sur les 27 ont été attribués au PPE (Parti populaire européen) alors que celui-ci est déjà la première force politique au Parlement) mais aussi car c’est la première fois que l’extrême droite accède au pouvoir exécutif européen. Nommé Commissaire à la cohésion et aux réformes ainsi que vice-président de la Commission européenne, Raffaele Fitto est en effet membre du parti Fratelli d’Italia dont est également issue la Première ministre italienne Giorgia Meloni.
Après avoir suivi leurs auditions les 6 et 7 novembre derniers et alors que Ursula von der Leyen paraît encline à remettre en cause les acquis de la précédente mandature, BLOOM co-signe avec les ONG membres de la coalition DecarboniseNow une lettre ouverte adressée aux commissaires européens MM. Costas Kadis et Wopke Hoekstra afin qu’ils utilisent tous les moyens à leur disposition pour engager la transition sociale et écologique de la pêche en Europe au cours des cinq prochaines années.
Parce qu’il absorbe près d’un tiers de nos émissions de CO2, l’océan est l’un des principaux puits de carbone au monde et contribue donc à la régulation du climat. Mais il en subit aussi les conséquences directes dans une ampleur et à un rythme inédits : acidification, hausse de la température et épisodes de canicules marines, transformation des courants, etc.
En retour, ces bouleversements contribuent également à amplifier les phénomènes extrêmes, à l’instar des inondations mortelles qui se sont produites à Valence. D’après un rapport publié par l’institut de recherche américain Climate Central le 20 novembre dernier, les températures records atteintes par l’océan augmentent également la vitesse des ouragans.
Faute d’action ferme et résolue, la « catastrophe climatique irréversible » prédite par les scientifiques pourrait donc advenir. Sans plus attendre, l’Union européenne doit donc agir pour protéger et restaurer l’océan car il est notre principal allié et un levier stratégique pour freiner le dérèglement du climat et en atténuer les conséquences dévastatrices pour nos sociétés.
Dans cette optique, il est nécessaire d’avoir des écosystèmes marins sains et résilients. Or, d’après un rapport publié par l’IPBES en 2019, la pêche, et notamment la pêche industrielle, a été la première cause de destruction des écosystèmes marins au cours des 50 années précédentes.
Alors que cette mandature va donc être déterminante dans la trajectoire que nous allons prendre, BLOOM a d’ailleurs publié un programme en 15 points pour sauver l’océan, le climat et les emplois afin de guider les décideurs et l’action publique.
Bien que les vents soufflent en sens contraire, l’Union européenne doit garder le cap qu’elle s’est fixé avec le Pacte vert sous la précédente mandature, à savoir : réduire de 55% ses émissions de CO2 d’ici 2030 et atteindre la neutralité carbone en 2050. C’est pourquoi BLOOM et les ONG membres de la coalition DecarboniseNow appellent MM. Costas Kadis et Wopke Hoekstra à défendre ces objectifs face à ceux qui, au Parlement et au Conseil, seraient tentés de les saborder.
La première urgence sera donc de défendre une réforme ambitieuse de la Directive sur la taxation de l’énergie afin d’éliminer progressivement les subventions aux énergies fossiles, en veillant à ce que le secteur maritime (y compris la pêche) et l’aviation y soient également inclus.
À eux deux, les secteurs de l’aviation et du transport maritime sont en effet responsables de près d’un tiers des émissions dues aux transports dans l’Union européenne. S’agissant du secteur de la pêche, les dernières estimations disponibles montrent que la flotte de pêche européenne consomme 2,3 milliards de litres de carburant et émet 7,3 millions de tonnes de CO2 chaque année.
Ce bilan carbone est toutefois largement sous-estimé car il ne tient compte que du carburant consommé par les navires, alors qu’il faudrait aussi y inclure le transport, la réfrigération, la transformation etc. Enfin, les émissions indirectes générées par le contact des engins de pêche sur les fonds marins ne sont pas prises en considération.
Étant donné qu’il n’est soumis ni au système d’échanges de quotas européen ni à un accord international imposant des réductions d’émissions de CO2, une absence de taxation dans le cadre de la prochaine Directive sur la taxation de l’énergie signifierait donc que la pêche serait le seul secteur à n’être soumis à aucune obligation en matière de réduction des émissions de CO2.
Dans ce scénario, l’Union européenne maintiendrait donc un système fiscal qui :
En effet, le montant de la détaxe sur le carburant dont bénéficient les navires de pêche européens se situe entre 700 millions et 1,3 milliard d’euros par an. Or, ces ressources sont essentielles pour soutenir la conversion des navires vers des méthodes à faible impact et accompagner les professionnels du secteur.
Dans le cadre de la coalition Decarbonise Now, BLOOM, ClientEarth, Oceana et Seas at Risk, appellent donc les Commissaires Wopke Hoekstra et Costas Kadis à reprendre en main les négociations sur la révision de la Directive sur la taxation énergétique, en particulier face à la minorité d’États qui souhaite exclure d’une telle réforme les secteurs maritimes et l’aviation.
>Lire la lettre ouverte (en anglais uniquement).
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