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03 avril 2026

Maquereau : l’Union européenne choisit la surpêche contre la science

 Réunis lundi 30 mars à Bruxelles, les ministres européens de la pêche ont une nouvelle fois fait le choix d’ignorer la science en augmentant les quotas de maquereau – l’une des espèces les plus emblématiques de la pêche française et au cœur d’importantes tensions entre armements industriels et pêche côtière – de 30 000 tonnes par rapport à ce qu’ils avaient acté en décembre 2025. Pourtant, la population de ce poisson est désormais considérée par les scientifiques comme “effondrée” à l’échelle de l’Atlantique Nord-Est en raison d’années de surpêche, car le poids total (la biomasse) des individus reproducteurs est inférieure au seuil en-deçà duquel le renouvellement du stock n’est plus assuré. Nous sommes donc rentrés dans une zone de turbulence dont il est urgent de sortir par le haut. 

Un nouveau plafond de captures déjà obsolète

En décembre 2025, l’Union européenne (UE) avait dans un premier temps adopté une position plus responsable en appliquant la demande des scientifiques, soit un quota en baisse de 70% par rapport à 2025. Mais les digues ont rapidement cédé : après trois mois passés à dénoncer l’attitude des États côtiers « voyous » et « irresponsables » – la Norvège, le Royaume-Uni, l’Islande et les îles Féroé, qui avaient eux-mêmes pris la décision de s’affranchir de cet avis scientifique – les dirigeants de l’UE ont décidé d’adopter le même comportement, en s’accordant sur un total de capture de 299 000 tonnes (soit une réduction de 48% par rapport à 2025, contre les 70% initialement prévus) 

Pire, il est d’ores et déjà admis que ce total de captures ne sera pas respecté. En additionnant les captures de l’UE, des États côtiers, mais aussi du Groenland et de la Russie qui ne sont pas intégrés aux discussions internationales, le total des captures pourrait avoisiner les 424 000 tonnes, soit 143% au-dessus des recommandations scientifiques.   

Anticiper un plan de reconstitution des stocks

En maintenant des niveaux de capture aussi élevés, les États repoussent le problème : refuser d’agir aujourd’hui, c’est rendre inévitable l’aggravation de la crise écologique et socio-économique majeure que traversent certains pêcheurs.  

En dépit de la situation alarmante sur le maquereau, la ministre Catherine Chabaud a persisté cette année encore à octroyer la moitié du quota national de maquereau à deux navires-usines au mépris des pêcheurs artisans. Dans ce contexte BLOOM appelle la ministre française à : 

  • Porter au plus vite un plan de reconstitution de l’espèce avec l’ensemble des pays impliqués dans la surpêche du maquereau d’ici aux prochaines négociations internationales fin avril 
  • Anticiper les conséquences du non-respect des avis scientifiques, qui pourrait conduire à une nouvelle baisse drastique des quotas en 2027 en l’absence d’amélioration de l’état de la population de maquereau 
  • Cesser d’allouer la moitié du quota national de maquereaux à deux navires-usines, et prioriser systématiquement la petite pêche côtière en vertu de l’article 17 de la Politique Commune de la Pêche ; article 17 qui devrait être porté au niveau international et former la base des négociations internationales mentionnées ci-dessus. 

Copyright : AFP/Archives – Fred TANNEAU

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