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25 juillet 2025

Manque d’ambition pour les aires marines protégées : une nouvelle étude révèle l’ampleur de la pêche industrielle dans la quasi-totalité des zones dites « protégées »

Une étude d’envergure, parue dans la prestigieuse revue Science, jette une lumière crue sur l’écart abyssal entre les promesses politiques de protection de l’océan et la réalité des pratiques de pêche industrielle. 

En utilisant les données de positionnement par satellite (AIS) (1), et les données radar des satellites Sentinel (SAR) (2), les auteurs de l’étude — une collaboration entre BLOOM, l’Université de Montpellier, l’IRD et le CNRS — ont observé l’effort de pêche dans plus de 6 000 aires marines protégées (AMP) côtières à travers le monde. Le constat est sans appel : les AMP sont très largement soumises à une intense pression de pêche industrielle, dont une grande partie opère sans être détectable grâce à l’AIS, pourtant le seul système de localisation en quasi-temps réel accessible au public. Cette étude, inédite par son ampleur et sa précision, met une nouvelle fois à mal le discours tenu par de nombreux chefs d’États lors de la Conférence des Nations unies sur l’océan (UNOC), qui s’est tenue en juin à Nice, où ils ont rivalisé d’annonces supposément ambitieuses quant à l’expansion de leurs AMP. Alors que la France — deuxième territoire maritime mondial juste derrière les États-Unis — s’est targuée de protéger 55 % de ses eaux sous juridiction nationale, ces données satellitaires révèlent que les activités de pêche industrielles continuent en toute impunité dans la majorité des zones dites « protégées » dans le monde, notamment en France. « Le vernis du discours politique craque face à la transparence satellitaire. Ce que montrent ces données, c’est que les AMP ne protègent que sur le papier. Il est urgent de passer de la rhétorique à l’action réelle », alerte Raphaël Seguin, premier auteur de l’étude et doctorant à l’Université de Montpellier et chez BLOOM.  

Par ailleurs, l’étude montre que d’innombrables navires de pêche sont détectés dans les AMP alors que leur balise AIS n’émet aucun signal, y compris dans des pays transparents et démocratiques comme la France ou tout autre pays membre de l’UE, où l’AIS est pourtant obligatoire pour les navires de plus de 15m. Cela démontre que les États, y compris ceux membres de l’UE, sont très en retard en ce qui concerne le respect du cadre réglementaire et sont globalement dans l’incapacité d’offrir à la société civile un outil à même de lui permettre de suivre précisément les activités de pêche, qui surexploitent et détruisent les écosystèmes marins grâce à de l’argent public. 

Quand la technologie satellitaire révèle le mensonge politique

En s’appuyant sur trois ans de données, de 2022 à 2024, les auteurs démontrent que deux tiers des navires de pêche industrielle opérant dans les AMP échappent au système AIS de surveillance publique ; une proportion similaire à celle dans les zones non protégées. De plus, l’étude montre que les AMP exemptes d’activité industrielle le sont surtout grâce à leur emplacement — en zones côtières ou à l’inverse en zones très reculées, donc globalement inaccessibles à la pêche industrielle — et non grâce à leur catégorisation officielle, censée refléter leur niveau de protection. Cela révèle une stratégie opportuniste de création d’AMP, situées dans des zones peu voire pas du tout pêchées, afin d’atteindre plus facilement les objectifs internationaux, sans prendre aucunement en compte les enjeux liés à la pression de pêche ou à la protection de la biodiversité. 

Une protection de l’océan à réinventer

Alors que les États se sont engagés à protéger 30 % de l’océan d’ici 2030 dans le cadre de l’accord mondial de Kunming-Montréal sur la biodiversité, cette étude sonne comme un rappel brutal : la quantité d’AMP ne fait pas leur qualité. Seule une protection effective, sur toutes les façades et fondée sur l’interdiction des engins destructeurs et un contrôle réel de l’activité humaine, pourra garantir la résilience des écosystèmes marins. C’est d’ailleurs ce que démontre une autre étude à paraitre en parallèle dans la même édition de Science : seules les aires marines strictement protégées sont à même de remplir leurs objectifs de suppression de la pression de pêche et donc de reconstitution des écosystèmes marins. « Il faut un changement de paradigme. Une AMP sans interdiction claire de la pêche industrielle — et pêche tout court pour un tiers d’entre-elles — et sans surveillance réelle n’est qu’une zone d’illusion. Les États — France en tête — doivent être tenus responsables de la mise en œuvre effective de leurs engagements », déclare Frédéric Le Manach, directeur scientifique de BLOOM et co-auteur de l’étude.  

BLOOM appelle les États à prendre la mesure du péril qui pèse sur la biodiversité marine mondiale : seul un réseau dense et global d’aires marines réellement protégées, respectant à la lettre les recommandations de l’UICN, sera à même de permettre de protéger l’océan et sa biodiversité à la hauteur de l’urgence écologique et climatique mondiale.

NOTES

(1) Les signaux AIS (Automatic Identification System) sont obligatoires pour les navires européens de plus de 15m mais facilement désactivables ou manipulables.

(2) Les données radar SAR des satellites Sentinel de l’Agence spatiale européenne, sont capables de détecter les navires de tailles similaires, même quand leur AIS est coupé.

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En révélant en début de semaine la tromperie écologique imaginée par l’État français pour faire croire à la communauté internationale que la France créait 4% de zones sans chalutage de fond dans ses eaux métropolitaines, alors que les zones en question interdisent déjà cette méthode de pêche destructrice, BLOOM a fait bien plus qu’empêcher l’opération de communication trompeuse du gouvernement : elle a rendu visible son pacte de corruption morale avec les lobbies destructeurs de l’océan et de la démocratie, ceux-là mêmes qui harcèlent BLOOM et sa fondatrice Claire Nouvian en menant une campagne de diffamation à une échelle inédite. BLOOM a révélé un véritable scandale d’État qui n’a pas fini de répandre son onde de choc, comme la question au gouvernement du député Jean-Louis Roumégas l’a révélé. Prise au piège de son propre mensonge écologique, la ministre Agnès Pannier-Runacher s’est enfoncée en tentant de tuer le messager : suivant la ligne des lobbies agissant contre nous avec des méthodes mafieuses, elle a insulté BLOOM auprès de journalistes en nous accusant de mensonge. La preuve de son imposture étant établie, alors que le Royaume-Uni faisait dans le même temps des annonces ambitieuses pour la protection des eaux britanniques, nous attendons désormais des excuses du gouvernement et appelons à la démission de la ministre Agnès Pannier-Runacher, au service des lobbies industriels.

Tous les efforts du gouvernement pour masquer son échec diplomatique ont échoué : les « négociations » de l’UNOC se sont closes avec 24 heures d’avance tant le programme organisé par l’Etat français brassait du vent et évitait soigneusement les deux principaux sujets à enjeux concernant l’océan et le climat mondial : les énergies fossiles et la pêche industrielle. Face à l’inaction persistante de la France vis-à-vis de la destruction des écosystèmes marins générée par le chalutage, et reconnue par le Président Emmanuel Macron lui-même, BLOOM a décidé d’attaquer l’Etat français en justice pour protéger l’océan.

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Depuis nos révélations, les journalistes s’empressent de demander au gouvernement la carte des zones qui vont être nouvellement protégées du chalutage de fond.

Le gouvernement n’a toujours pas produit cette carte qui représente la carte de la honte et la preuve du procédé malhonnête de la France pour mettre en scène le statu quo et sa volonté farouche de protéger les lobbies de la pêche industrielle. Notre chercheur Raphaël Seguin l’a donc produite lui-même.

Voici en avant-première la carte du désastre, la carte de l’AMP-gate. C’est cette carte que nous espérons voir diffusée ce soir sur France 2 pour que le Président s’explique devant tous les citoyens français de ce mensonge d’État.

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