10 juin 2025
La France est prise en flagrant délit de mensonge. Elle a annoncé passer de moins de 0,1% d’aires marines protégées dans ses eaux métropolitaines à 4% d’ici fin 2026. Mais BLOOM a analysé la carte produite par le gouvernement et révélé que cette déclaration était une escroquerie environnementale: les annonces du gouvernement ne permettront absolument pas d’interdire le chalutage de fond, la technique de pêche la plus destructrice de l’Histoire, dans de nouvelles zones protégées, tout simplement parce que… les zones désignées comme “protégées” d’ici fin 2026 interdisent déjà le chalutage de fond (1) !
Depuis nos révélations, les journalistes s’empressent de demander au gouvernement la carte des zones qui vont être nouvellement protégées du chalutage de fond.
Le gouvernement n’a toujours pas produit cette carte qui représente la carte de la honte et la preuve du procédé malhonnête de la France pour mettre en scène le statu quo et sa volonté farouche de protéger les lobbies de la pêche industrielle. Notre chercheur Raphaël Seguin l’a donc produite lui-même.
Voici en avant-première la carte du désastre, la carte de l’AMP-gate. C’est cette carte que nous espérons voir diffusée ce soir sur France 2 pour que le Président s’explique devant tous les citoyens français de ce mensonge d’État.
À la veille de la journée mondiale de l’océan et de l’ouverture de la conférence des Nations Unies sur l’océan, Emmanuel Macron annonçait dans la presse régionale:
« nous allons, avec des annonces importantes, permettre des protections avec aussi des contrôles (…) dans certaines zones clairement identifiées (…) et ne plus avoir d’activité, de chalutage de fond en particulier »
Il aura fallu attendre la diffusion du dossier de presse produit par le Ministère de la Transition écologique dans la soirée du 8 juin pour comprendre, en analysant les cartes fournies dans ce dossier, que le gouvernement envisageait de labelliser en “protection forte” 4% des eaux métropolitaines et d’y interdire le chalutage de fond. L’objectif international et européen d’avoir 30% d’aires marines protégées de toutes les techniques de pêche destructrices et du chalutage d’ici 2030 volait déjà en éclat.
Mais BLOOM a ensuite découvert le pot-aux-roses : ces 4% d’aires marines supposées être “fortement” protégées d’ici fin 2026 et dans lesquelles le chalutage de fond serait interdit se trouvent… dans des zones dans lesquelles le chalutage de fond est déjà interdit au titre des règlements européens.
Confronté aux questions toujours plus pressantes des journalistes leur demandant des explications sur ces cartes, le gouvernement expliquait aux journalistes que “les zones retenues dans les 4% ne sont pas constituées de zones déjà interdites au chalutage de fond. Elles les recoupent en partie en Atlantique, c’est moins le cas en Méditerranée”. Sans jamais fournir la carte tant attendue des nouvelles zones dans lesquelles le chalutage serait interdit.
Lundi en fin de journée, le Président de la République, toujours sur la même ligne, expliquait que “je ne vous vendrais pas une carte qui existait déjà. Comptez sur moi, si ça avait été le cas, je l’aurais déjà dit”.
Mais il ne fallait manifestement pas compter sur le Président de la République pour nous donner la vraie carte. Cette carte sur la tromperie française à l’UNOC, la voici :
Voici les quelques confettis que le gouvernement présente à l’UNOC comme “des annonces importantes”. Ce sommet de l’UNOC est un naufrage diplomatique.
Pour aller plus loin, consultez notre note de décryptage sur les mensonges d’Emmanuel Macron aux journalistes le 9 juin.
Méthodologie
Sans points GPS précis indiqués sur les cartes issues du dossier de presse du Ministère de la transition écologique, BLOOM a soustrait de la carte présentée page 27 (“calendrier de déploiement de la protection forte (ZPF) en mer”) les zones déjà interdites au chalutage de fond en vertu du règlement européen pêche profonde en vigueur depuis janvier 2017.
10 juin 2025
Lundi 9 juin, à l’issue de la première journée de la conférence des Nations Unies sur l’océan, le Président de la République Emmanuel Macron a tenu une conférence de presse qui laisse pantois. Entre phrases assassines, contre-vérités, mépris des faits et refus de reconnaître l’existence même d’une flotte de pêche industrielle en France, nous avons eu le droit à une plongée dans la réalité alternative élyséenne.
09 juin 2025
Aucune nouvelle annonce par rapport à la communication officielle du gouvernement ce week-end : le Président de la République braque les projecteurs sur la Polynésie et le traité sur la haute mer pour masquer l’escroquerie environnementale des annonces concernant la métropole.
09 juin 2025
Avant même l’ouverture officielle le 9 juin de la troisième conférence des Nations Unies sur l’océan, le Président de la République Emmanuel Macron a déjà pris la parole à trois reprises, entre les 7 et 8 juin, pour faire des annonces présentées comme « importantes » et « concrètes, préparées avec les associations » (1). Il aura fallu attendre la diffusion du dossier de presse produit par le Ministère de la transition écologique dans la soirée du 8 juin pour comprendre que les aires marines dites « protégées » dans lesquelles le chalutage de fond serait interdit passeraient de 0,1% à soi-disant 4% des eaux métropolitaines, selon la communication officielle. Mais en procédant à l’analyse détaillée des cartes fournies dans le dossier de presse intitulé « Protéger la biodiversité marine », BLOOM a découvert le pot-aux-roses : les 4% de nouvelles aires marines supposées être « fortement » protégées d’ici fin 2026 et dans lesquelles le chalutage de fond serait interdit, se trouvent… dans des zones dans lesquelles le chalutage de fond est déjà interdit !