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13 mai 2025

Le Commissaire Kostas Kadis continue de louvoyer sur le chalutage de fond dans les aires marines protégées

Ce mardi matin, plusieurs organisations de défense de l’océan, dont BLOOM, Oceana, Seas at Risk, Client Earth, Environmental Justice Foundation, Blue Marine Foundation et Ocean Alive participaient à une rencontre avec le Commissaire européen à la pêche et aux océans Kostas Kadis. Le but de cette rencontre, lui remettre en main propre les deux pétitions portées par Patagonia, We Move Europe (1) et Only One (2), et signées par plus de 250.000 citoyens européens, demandant l’interdiction du chalutage de fond dans les aires marines protégées européennes. Cependant, la rencontre avec le Commissaire Kadis a révélé que la Commission est encore loin d’avoir pris la mesure de l’urgence sociale, climatique et environnementale à laquelle nous sommes confrontés.

La rencontre avec le Commissaire européen suivait de près la sortie du film de David Attenborough, Ocean, qui montre des images inédites de la façon dont le chalutage de fond détruit la vie marine. À l’approche de la troisième Conférence des Nations Unies sur l’océan (UNOC) qui se tiendra en France, où les nations devraient annoncer de nouveaux engagements, notamment en matière de protection des écosystèmes marins, le monde entier aura les yeux rivés sur l’Europe et sa politique de protection marine. Malheureusement, à ce stade, le compte n’y est pas pour l’Union européenne. 

Un accueil mitigé qui interroge

La réunion avec le Commissaire Kadis n’a pas débuté sous les meilleurs auspices. Si la rencontre a débuté par une séance photo avec les personnes présentes, son cabinet a tout d’abord refusé qu’il figure sur des photographies avec la banderole portant le message « 250 000 Européens demandent la fin du chalutage de fond dans les aires marines protégées ». D’entrée de jeu, le signal était implicite mais clair : cette demande, bien que soutenue par la science et défendue par près d’un quart de million de citoyens de l’UE, dérange. Afficher le Commissaire aux côtés de cette banderole risquerait de provoquer la colère des lobbies de la pêche industrielle, qui ont par contre déjà été reçus par le Commissaire et se sont déclarés très satisfaits du soutien qu’il leur a promis1https://europeche.chil.me/post/europeche-welcomes-commissioner-kadis-commitment-to-supporting-the-eu-fishing-se-483787. 

Après cette séance photo, nouvelle déconvenue : seules quelques personnes parmi celles accueillies dans les locaux de la Commission ont été autorisées à assister à la réunion : les représentantes de Patagonia et WeMove Europe, deux représentantes des ONG Oceana et Ocean Alive, et les deux photographes et activistes Inka Cresswell et Julia Ochs. Cerise sur le gâteau : le temps d’échange, initialement fixé à 50 minutes, a été réduit à 30 minutes. Seulement une demi-heure consacrée à l’écoute des citoyens européens, des ONG environnementales et des scientifiques qui se mobilisent depuis des années pour porter l’urgence d’une véritable politique européenne de protection du milieu marin dans le débat public. 

Un manque flagrant d’engagements concrets

Durant ce court rendez-vous, les ONG ont questionné le Commissaire sur l’approche « au cas par cas » récemment défendue par la Commission1https://bloomassociation.org/la-societe-civile-les-pecheurs-et-la-communaute-scientifique-pressent-le-commissaire-kadis-daffirmer-que-le-chalutage-de-fond-na-pas-sa-place-dans-les-aires-marines-protegees/. Cette approche, prônée par le lobby du chalut, consiste à donner un blanc-seing aux chalutiers pour que ces derniers puissent continuer à exercer leur activité dans les aires dites « protégées » dès lors que leur impact sur la biodiversité serait « tolérable ». Un contresens absolu qui tourne le dos au consensus scientifique sur la protection des écosystèmes marins et vise à préserver le statu quo. En effet, la pêche au chalut est l’une des techniques de pêche les plus destructrices et les moins sélectives, avec un impact majeur et durable sur la biodiversité. Elle ne peut en aucun cas être considérée comme « tolérable » dans des zones dites protégées. En outre, interdire la pêche au chalut dans toutes les aires protégées, ont fait valoir les ONG, serait également conforme aux objectifs de simplification administrative et législative défendus par l’actuelle Commission européenne. L’introduction d’un système de dérogations au cas par cas pour l’ensemble des aires marines protégées de l’UE, avec les analyses et les études que cela nécessiterait, nécessiterait en effet de créer un véritable monstre administratif. En réponse, bien que le Commissaire ait affirmé être convaincu de la nécessité d’éliminer progressivement le chalutage de fond dans les aires protégées et de favoriser la transition vers la petite pêche artisanale, il a maintenu une position très vague, sans engagements et basée sur une transition graduelle, sans proposer un calendrier de mise en œuvre précis.  

Cette approche attentiste fait écho au projet de Pacte européen pour les océans qui a été publié dans la presse, dont la publication officielle est attendue pour début juin, et qui doit fixer le cap de la politique maritime européenne pour les années à venir. En effet, le projet qui a fuité dans la presse ne comporte pas la moindre référence à la pêche au chalut, à sa fin ou, plus généralement, à la transition du secteur de la pêche vers des pratiques plus durables. La fin de la pêche destructrice ne figure manifestement pas parmi les priorités du Commissaire. 

À l’issue de cette rencontre, le Commissaire Kadis s’est empressé de communiquer sur ses réseaux sociaux2https://x.com/CostasKadis/status/1922241250666938717, présentant l’image d’un médiateur à l’écoute de toutes les parties prenantes. Cette posture de « bon arbitre » contraste fortement avec le déroulé de cette rencontre menée dans une grande précipitation et l’absence d’engagements concrets pris lors de la réunion. BLOOM déplore cette attitude qui semble davantage relever d’une stratégie de communication que d’une véritable volonté politique de protéger efficacement nos océans en prenant véritablement en compte la parole des citoyens et les recommandations portées par les scientifiques.  

Une mobilisation citoyenne qui ne faiblira pas

A quelques semaines de la tenue d’une conférence historique des Nations Unies sur l’océan, nous restons, avec nos partenaires, déterminés à poursuivre le combat pour l’interdiction des pratiques de pêche destructrices dans les aires marines protégées. Les pétitions de Patagonia, WeMove et Only One ainsi que la pétition que nous portons pour demander au Président de la République Emmanuel Macron de véritables aires marines protégées témoignent d’une mobilisation citoyenne française et européenne massive sur cette question cruciale pour l’avenir de nos écosystèmes marins.  

En dépit des tergiversations de la Commission européenne et de sa réticence à accueillir et échanger avec les citoyens et scientifiques, nous continuerons à lutter pour la protection de l’océan et des êtres vivants qui le peuplent. 

La Commission européenne doit présenter son Pacte pour l’océan le 4 juin. Il reste donc trois semaines au Commissaire européen pour changer de braquet et adopter une politique ambitieuse, susceptible de répondre à l’effondrement de la biodiversité et au dérèglement climatique qui menacent notre avenir. 

(1) https://action.wemove.eu/sign/2023-05-end-bottom-trawling-petition-EN

(2) https://only.one/campaign/bottom-trawling?l=fr

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