17 décembre 2025
Alors que nos océans se vident de leurs populations de poissons et que la France prétend vouloir augmenter ses mesures de protection, la Haute juridiction administrative vient de une manquer une opportunité de protéger l’océan et la biodiversité marine.
Par une décision du 17 décembre 2025, le Conseil d’État a rejeté la requête déposée le 29 janvier 2024 par les associations Défense des milieux aquatiques (DMA), les Ligneurs de la pointe de Bretagne, la Plateforme de la petite pêche artisanale, Low Impact Fishers of Europe (LIFE) et BLOOM. Cette requête visait à contraindre la France à assumer ses responsabilités face au refus du gouvernement d’agir contre la mauvaise gestion du maigre et à l’usage de la senne coulissante.
En octobre 2023, à la suite de la pêche de plus de 120 tonnes de maigres en un coup de senne coulissante et afin de préserver ce poisson et d’en assurer une gestion durable, les requérants ont demandé à l’Etat de prendre deux mesures :
Face au refus de l’Etat, le Conseil d’Etat avait été saisi.
Considérant que l’évènement à l’origine de ce recours n’était qu’un évènement isolé, le Conseil d’État rejette la requête en retenant que :
La Haute juridiction administrative considère donc également qu’au regard des données disponibles, l’état de la population de maigre ne justifie ni l’interdiction ni le plafonnement demandé par les requérants. Les faits invoqués, analysés comme ponctuels et non systémiques, ne permettent pas, selon la juridiction, de caractériser une atteinte à la durabilité de l’espèce. À l’encontre de ce qui est factuellement constatable, le Conseil d’État conclut en arguant que le principe de précaution est suffisamment mis en œuvre par les autorités compétentes.
Comme l’indique DMA, la diminution des captures de 2023 à 2024 est qualifiée de « limitée » par le Conseil d’État qui n’indique pas son ampleur (-23%) et ne relève pas le déclin depuis 20 ans des ventes en criée publiées par FranceAgrimer, préférant s’en tenir à la période récente 2019-2024.
Nous regrettons cette décision qui ne permet toujours pas de prendre conscience des enjeux de protection et de la nécessité d’augmenter nos ambitions et exigences en la matière.
Référence de la décision : Conseil d’Etat, 17 décembre 2025, req. n°491269
11 septembre 2025
Ce 11 septembre 2025, se tient au tribunal administratif de Paris une audience clé concernant la question cruciale de la non prise en compte par le droit français de critères environnementaux dans la méthode de répartition des quotas de pêche.
Il résulte en effet du modèle actuel que les quotas de pêche sont très largement préemptés par les plus gros navires qui jouissent d’un « historique de captures » important. Or, ces navires industriels sont aussi les plus impactants sur les écosystèmes marins et les économies littorales. L’enjeu est donc double, environnemental et d’équité pour la pêche artisanale déjà sous asphyxie.
06 février 2024
Face au refus du gouvernement d’agir contre la mauvaise gestion du maigre, les associations BLOOM, Défense des milieux aquatiques (DMA), les Ligneurs de la pointe de Bretagne, la Plateforme de la petite pêche artisanale et Low Impact Fishers of Europe (LIFE) ont déposé ce lundi 29 janvier 2024 un recours devant le Conseil d’État afin de contraindre la France à assumer ses responsabilités.
11 décembre 2023
Alors que les négociations entre les États membres pour les quotas de pêche de l’année 2024 viennent de se conclure ce lundi 11 décembre, BLOOM a saisi le Tribunal administratif de Paris pour obtenir les plans de gestion établis par les organisations de producteurs (1). Ces documents détaillent les règles de répartition entre les pêcheurs au sein d’organisations de producteurs et, en fin de compte, permettent de comprendre qui récupère réellement les possibilités de pêche. Bien qu’approuvées par le Ministère, ces informations indispensables à l’analyse de la gestion des pêches restent toujours inaccessibles.