17 avril 2026
En août 2024 (1) et décembre 2024 (2), BLOOM saisissait le juge administratif pour faire annuler deux décisions du Conseil régional de Bretagne en faveur d’une feuille de route halieutique bretonne et d’un fonds « Breizh up pêche » visant à favoriser le renouveau d’une pêche industrielle. Nous dénoncions deux décisions en contradiction manifeste avec la Politique commune de la pêche et la nécessité d’une transition en faveur d’une pêche durable, artisanale et à faible impact écologique.
Le 10 avril, la cour administrative d’appel de Nantes a confirmé la position du tribunal administratif qui, sans débat, avait rejeté nos recours pour des motifs de recevabilité. Ce faisant, les deux juridictions ont évacué le débat au fond et ont adopté une lecture restrictive des effets de la politique bretonne de la pêche, bien que celle-ci représente plus de 30% de l’effectif national des navires de pêche et que les impacts de ces navires dépassent le seul ressort territorial de la région Bretagne.
En août 2024, BLOOM avait saisi le tribunal administratif de Rennes pour faire annuler la feuille de route halieutique adoptée par le Conseil régional de Bretagne le 16 février 2024 qui vise à soutenir la pêche industrielle, notamment la construction de navires semi-hauturiers et hauturiers. En effet, ce plan d’action qui définit les mesures régionales prioritaires pour la filière pêche et aquacole est en complète contradiction avec l’urgence de protection de l’océan, du climat et de la pêche artisanale.
Le 20 décembre 2024, BLOOM avait également saisi le tribunal administratif de Rennes pour faire annuler une délibération du Conseil régional de Bretagne approuvant le principe de la création du fonds « BreizhUp Pêche » qui vise notamment à construire de nouveaux navires de pêche industriels alors que ces aides sont pourtant interdites par l’Union européenne depuis 2002. En contradiction totale avec le droit européen, ce fonds va également à l’encontre des objectifs de durabilité des pêches et des recommandations scientifiques.
Mais dans les deux cas, la justice a botté en touche en invoquant que BLOOM n’aurait pas « d’intérêt à agir » au prétexte contestable que les décisions de la région Bretagne en matière de pêche ont des effets « exclusivement » locaux.
« Cette feuille de route a donc des effets directs exclusivement limités au ressort territorial de la Bretagne ». C’est en ces termes que la cour administrative d’appel (CAA) de Nantes a confirmé les jugements du tribunal administratif rejetant, sans débat, le recours de l’association BLOOM contre la feuille de route halieutique et, de façon similaire, concernant celui contre la délibération relative au fond « Breizh up pêche ».
Comme le relève expressément la CAA, en principe le fait qu’une décision administrative ait un champ d’application territorial fait obstacle à ce qu’une association ayant un ressort national justifie d’un intérêt lui donnant qualité pour en demander l’annulation. Mais « Il peut en aller autrement lorsque la décision soulève, en raison de ses implications, notamment dans le domaine de l’environnement, des questions qui, par leur nature et leur objet, excèdent les seules circonstances locales ».
Concernant les décisions de la Région actant de l’évolution de la pêche bretonne, il était donc attendu que soit constaté que « par leur nature et leur objet » ces dernières ont des incidences environnementales qui, excèdent évidemment les seules circonstances locales :
La Bretagne est la première région halieutique au niveau national et parmi les premières au niveau européen. Comme le rappelle la Région elle-même, pour la pêche, elle se classe au premier rang national et représente 32% de l’effectif national des navires de pêche et 38% de l’effectif national des marins pêcheurs (métropole) (Feuille de route halieutique, p. 6).
En tonnage, la pêche « artisanale bretonne » au sens de la Région « représente 48% du tonnage et 45% de la valeur au national avec 103000 tonnes et 355 M€ (ventes criées et hors criées) et treize des trente-trois halles à marée françaises sont implantées en Bretagne ». Elle pèse donc considérablement sur l’ensemble de la filière et non seulement au niveau de la région.
De la même façon, l’emprise spatiale de la flotte bretonne va bien au-delà des eaux adjacentes à cette région, sa dimension « exclusivement locale » peut exister bien sûr pour certains navires mais ne correspond nullement à la réalité de l’ensemble des pratiques de pêche. Les décisions de la Région orientant la politique bretonne des pêches ont donc nécessairement des incidences allant au-delà du territoire de la région.

Répartition de l’effort de pêche apparent de la flotte bretonne (cartes globales eu Europe)
Les décisions attaquées traduisent l’anachronisme des choix politiques de la région Bretagne alors que la transition du secteur de la pêche est urgente pour protéger l’océan et les pêcheurs. La région mobilise au contraire tous les moyens à sa disposition pour soutenir les industriels et leur permettre de poursuivre leur entreprise de destruction des écosystèmes marins et des emplois.
Les actions de BLOOM s’inscrivent dans un combat en faveur de la défense des intérêts d’une pêche artisanale durable, grande oubliée de la Feuille de route halieutique. Interrogé par la presse sur ce silence assourdissant, le vice-président à la mer Daniel Cueff s’était à l’époque tant bien que mal défendu en invoquant un simple « oubli ». En revanche, la Feuille de route halieutique offre un boulevard à la pêche industrielle en soutenant notamment le renouvellement de la flotte bretonne grâce à la construction de navires semi-hauturiers et hauturiers d’ici 2027.
Ce faisant, la Feuille de route halieutique trahit les objectifs de durabilité inscrit dans la PCP et traduits dans la stratégie nationale pour la mer et le littoral et dans le document stratégique de façade, ou encore le volet maritime du Schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (SRADDET). La durabilité et le soutien aux objectifs environnementaux et socio-économiques inscrits dans ces documents apparaissent incompatibles avec le soutien public en faveur d’une augmentation de la jauge des navires et de la pêche hauturière ou industrielle.
Concernant le fonds Breizh up pêche, nous relevions déjà en janvier dernier les raisons de notre contestation rappelant que ce fonds est triplement délétère :
Une fois de plus, la question des choix politiques à opérer en matière de pêche pour permettre la transition des pêches en vue d’assurer la durabilité et l’équilibre socio-économique du secteur est enterrée au profit de la protection des intérêts établis. Comme toujours, le statu quo destructeur des milieux, du vivant et des pêcheurs artisans prime sur l’intérêt général. Les travaux conduits sur la transition sociale-écologique des pêches par un groupement de recherche institué par BLOOM illustrent à ce titre la fuite en avant irresponsable dans laquelle la région Bretagne s’engouffre aveuglement.
09 janvier 2025
Le tribunal administratif de Rennes vient de se prononcer par voie d’ordonnance – c’est à dire sans contradictoire ni audience – sur les recours engagés par BLOOM contre deux décisions écocidaires et rétrogrades du Conseil régional de Bretagne : l’adoption de la Feuille de route halieutique bretonne le 16 février 2024 et la décision du 28 juin 2024 en faveur de la création du fonds illégal “Breizh Up Pêche” qui vise expressément à contourner les règles européennes sur les aides d’État interdisant d’utiliser l’argent public pour financer la construction de nouveaux navires de pêche. BLOOM va faire appel de ces décisions inacceptables, qui conduisent à minimiser une affaire prenant la tournure d’un scandale politique.
08 janvier 2025
Le 20 décembre 2024, BLOOM a saisi le tribunal administratif de Rennes pour faire annuler une délibération du Conseil régional de Bretagne approuvant le principe de la création du fonds « BreizhUp Pêche » qui vise notamment à construire de nouveaux navires de pêche industriels alors que ces aides sont pourtant interdites par l’Union européenne depuis 2002 ! En contradiction totale avec le droit européen, ce fonds va également à l’encontre des objectifs de durabilité des pêches et des recommandations scientifiques.
12 août 2024
Aujourd’hui, BLOOM saisit le Tribunal administratif de Rennes pour faire annuler la feuille de route halieutique adoptée par le Conseil régional de Bretagne le 16 février 2024 qui vise à soutenir la pêche industrielle, notamment la construction de navires semi-hauturiers et hauturiers. En effet, ce plan d’action qui définit les mesures régionales prioritaires pour la filière pêche et aquacole est en complète contradiction avec l’urgence de protection de l’océan, du climat et de la pêche artisanale.