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29 août 2025

Exposition au mercure : huit mairies retirent le thon des cantines

Dans les pas de la mobilisation des ONG BLOOM, Foodwatch et Banlieues Climat dénonçant le simulacre des normes sanitaires concernant la contamination du thon au mercure, huit mairies s’engagent à protéger ce qui devrait l’être en priorité : la santé des enfants. Dans un communiqué de presse collectif, les villes de Bègles, Grenoble, Lille, Lyon, Montpellier, Mouans-Sartoux, Paris et Rennes annoncent le retrait du thon des cantines scolaires jusqu’à ce que la norme sanitaire soit suffisamment protectrice de la santé humaine. Les communes enjoignent le gouvernement et les parlementaires français à réviser la limite maximale de mercure autorisée dans le thon, en l’alignant sur le seuil le plus protecteur existant pour le poisson. Cette action est d’autant plus importante que cet été, le leader français Petit Navire a entrepris une vaste campagne de publicité, sans appliquer un seuil de mercure plus protecteur de la santé humaine dans ses produits.

Nos révélations d’octobre 2024 ont montré qu’alors que le thon est l’une des espèces les plus contaminées au mercure, la Commission européenne et les États membres avaient fixé les limites maximales de mercure dans ce produit bien au-delà des limites pour les autres espèces de poisson [1]. Depuis, les ventes de thon ont chuté [2], et le blanc-seing accordé aux industriels du thon concernant la teneur en mercure de leurs produits vacille : la Commission européenne consulte depuis décembre 2024 les États membres sur une éventuelle révision de la norme [3]. Malgré une réponse citoyenne sans précédent et la signature d’une pétition par près de 60 000 personnes, le gouvernement français a déclaré ne pas avoir l’intention d’agir pour revoir les normes à la baisse [4]. 

Face à l’inaction de l’État, les élu·es locaux des communes de Bègles, Grenoble, Lille, Lyon, Montpellier, Mouans-Sartoux, Paris et Rennes se posent en bouclier sanitaire pour protéger les enfants. Dans un communiqué de presse collectif publié le 28 août 2025 [5], les communes prennent la responsabilité que la France refuse d’assumer, en retirant le thon des cantines scolaires tant que ce poisson reste autorisé avec des teneurs en mercure possiblement nocives pour la santé. Les mairies appellent les ministères de la Santé, de l’Agriculture et les parlementaires à agir sans délai et à se positionner clairement en faveur d’une norme véritablement protectrice de la santé au niveau européen et français. D’ici là, les municipalités maintiendront le retrait du thon des menus scolaires. 

Cet engagement est d’autant plus important que, là où les responsables politiques nationaux tardent à agir, les industriels redoublent d’efforts pour préserver leurs parts de marché. Et ce sans avoir adopté de nouveaux seuils plus protecteurs dans leurs produits [6]. À rebours de toute précaution, la marque Petit Navire a par exemple lancé durant l’été une campagne de communication massive pour promouvoir ses produits, y compris auprès des jeunes. Ciblant étudiants, jeunes parents et sportifs, la marque a déployé de grandes fresques publicitaires dans le métro parisien et les gares, diffusé des spots dans les cinémas, multiplié les collaborations avec des créateurs et créatrices de contenu sur les réseaux sociaux, et s’est invitée jusque dans le monde du sport (Climbing District Saint-Lazare) et des festivals (Les Déferlantes, Les Francofolies). 

L’irresponsabilité de l’industrie et l’immobilisme de la France doivent cesser. Les associations se joignent aux communes et demandent aux ministères de la Santé, de l’Agriculture, et aux parlementaires français, de défendre à Bruxelles et au niveau national un abaissement de la limite maximale de mercure dans le thon à 0,3 mg/kg.  

En haut : publicités géantes de Petit Navire dans la station de métro Châtelet à Paris le 24 juillet 2025 ; en bas : promotion de Petit Navire sur les réseaux sociaux, lors d’un évènement avec des créatrices de contenu dans la salle d’escalade Climbing District à Paris (19 juin 2025), stand Petit Navire au festival les Francofolies à la Rochelle (11 juillet 2025) 

Références  

[1] La limite maximale en mercure dans le thon a été établie de façon à maximiser les ventes de thon, elle se base sur des critères économiques (permettre la vente de 95% des produits), et non pas sanitaires. Voir BLOOM (2024), “Du poison dans le poisson 

[2] Les ventes de boîtes de thon en France ont chuté de 10 à 20% entre novembre 2024 et février 2025 par rapport à la même période l’année précédente. La société de sondages BVA Xsight exposait que 36% des Français·es déclarent avoir modifié (ou avoir l’intention de modifier) leur consommation de thon au cours des derniers mois en raison de sa contamination au mercure. 

[3] Communiqué de presse BLOOM (5 mai 2025) Le seuil de mercure dans le thon pourrait être revu à la baisse au niveau européen

[4] https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/questions/QANR5L17QE1771  

[5] Communiqué de presse collectif à huit mairies (28 août 2025)

[6] https://conservesdepoissons.fr/thon-mercure-faisons-le-point/ 

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La prise de parole des industriels pourrait générer un effet boomerang puisque leurs affirmations reposent sur l’opacité des méthodes utilisées pour les tests qu’ils brandissent subitement après des mois de silence sur le sujet. Leur campagne publicitaire donne l’occasion à BLOOM et Foodwatch d’exiger des industriels et de la grande distribution une transparence totale sur les tests effectués, le protocole d’échantillonnage retenu et les méthodes employées, des facteurs déterminants pour présenter des résultats rigoureux et non biaisés.

Face à leurs affirmations dans la presse, BLOOM publie aujourd’hui un « Manuel d’auto-défense contre les mensonges des industriels de la pêche thonière » permettant aux journalistes et aux citoyens de naviguer dans les eaux troubles de l’argumentation des industriels.

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