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17 avril 2026

BLOOM et un collectif d’ONG interpellent les supermarchés européens sur l’état critique du maquereau

A la suite d’une décision politique désastreuse des ministres européens de la pêche concernant l’avenir de la population de maquereau d’Atlantique Nord Est – un stock désormais considéré comme effondré par les scientifiques de l’Ifremer – et à l’aune de l’engagement exemplaire de plusieurs distributeurs britanniques, BLOOM, Blue Marine FoundationOceana Europe et The North Sea Foundation ont interpellé, ce vendredi 17 avril, 24 enseignes de distribution dans cinq pays européens. Les organisations leur demandent de rehausser leurs standards de pêche durable et, en particulier, de suspendre leurs achats de maquereau de l’Atlantique Nord-Est. 

La gestion dangereuse du maquereau par l’Union européenne

Malgré des recommandations scientifiques sans appel recommandant une réduction de 70 % des captures de maquereau de l’Atlantique Nord-Est pour 2026, en raison d’un état de surpêche avéré, l’Union européenne a décidé, le 30 mars dernier, d’augmenter ses quotas pour l’espèce1https://bloomassociation.org/maquereau-lunion-europeenne-choisit-la-surpeche-contre-la-science/. Une décision irresponsable qui compromet directement la capacité de sa population à se reconstituer.  

Depuis 2010, l’UE et les États côtiers (Norvège, Islande, Îles Féroé et Royaume-Uni) persistent à ignorer les avis scientifiques en matière de quotas de pêche. Année après année, des négociations stériles, où chacun campe sur ses intérêts, débouchent sur des accords qui ignorent les alertes des chercheurs et aggravent la surexploitation de la ressource halieutique. Et ce alors que cela fait six ans que l’Union européenne faillit à remplir son objectif, inscrit dans la politique commune de la pêche (PCP), de 100% de populations de poisson en bon état écologique à 2020. 

Les ministres européens de la pêche perpétuent ainsi une politique incompatible avec la véritable “pêche durable” telle que redéfinie par une trentaine de scientifiques en 2024. Parmi les 11 règles d’or qu’ils ont établies, il ressort clairement qu’une pêche durable respecte scrupuleusement les préconisations des scientifiques, et s’effectue sur une population de poisson en bonne santé.  

Face à l’irresponsabilité de l’UE, la nécessaire mobilisation de la grande distribution

Alors que les États ont échoué à prendre la mesure de l’effondrement en cours, des distributeurs se sont mobilisés dès février 2026.  

Le 26 février, la chaîne de distribution britannique Waitrose a ainsi été la première enseigne à annoncer la suspension effective de toutes ses ventes et approvisionnements en maquereau de l’Atlantique Nord-Est d’ici au 29 avril 2026, qu’il s’agisse de produits de marques nationales, de marque propre, frais, réfrigérés ou surgelés2https://www.johnlewispartnership.co.uk/media-centre/latest-news/2026/23865. De leur côté, les produits en conserve seront écoulés jusqu’à épuisement des stocks existants. Depuis, Co-op, Marks & Spencer, Morrisons, Sainsbury’s et Tesco ont pris des mesures similaires3https://www.thegrocer.co.uk/news/major-retailers-commit-to-review-mackerel-sourcing-policies/716016.article. 

Dans ce contexte, le vendredi 17 avril, BLOOM avec Blue Marine Foundation, Oceana et The North Sea Foundation a interpellé 24 distributeurs4Carrefour France, Carrefour Spain, Carrefour Belgium, Coopérative U, Les Mousquetaires, Lidl France, Lidl Spain, Lidl Italy, Lidl Germany, Metro France, Metro AG, Auchan, AlcampoAldi France, Aldi Nord, Aldi SüdEsselunga, Group Casino, Monoprix, Coop ITALIA, MercadonaConad, E.Leclerc, Louis Delhaize  en France, en Espagne, en Belgique, en Italie et en Allemagne afin de les alerter sur l’état critique de cette population de poisson et les questionner sur les actions qu’ils ont prises ou prendront en réponse à cette crise, notamment au regard de leurs concurrents britanniques. 

Les distributeurs ont déjà montré qu’ils pouvaient agir

En juillet 2024, un an après nos premières interpellations sur la non-durabilité de ses approvisionnements en thon, Carrefour avait annoncé la suspension de ses approvisionnements en thon surpêché de l’océan Indien. Plus récemment, en janvier 2026, et toujours à la suite de nos alertes, Biocoop a retiré de ses rayons l’ensemble des produits à base de thon albacore et de thon obèse. 

“Effectuées collectivement, ces prises de décisions impactent très concrètement le secteur de la pêche en diminuant les débouchés pour les industriels. Cela les incite à ne pas exploiter des populations en mauvais état ainsi qu’à ne pas dépasser les quotas qui leurs sont alloués, et cela signale aux politiques qu’ils ont le soutien d’acteurs économiques importants pour réduire les quotas. Nous attendons des actions concrètes de la part des supermarchés pour une pêche durable. ” Explique Manon Anneau, chargée de projet pêche durable au sein de BLOOM. 

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En décembre 2025, la plainte de BLOOM contre la publicité du loup « mal aimé » visait à lever le voile sur les pratiques réelles d’Intermarché et à questionner tant la cohérence de son discours publicitaire que la stratégie de markéting émotionnel consistant à construire une image de sa marque dans l’imaginaire collectif masquant ses vraies responsabilités en matière de mauvaise alimentation. En substance une seule question se posait : en tant qu’acteur majeur du secteur de la grande distribution – dont le système économique repose sur la valorisation par le prix des produits ultra-transformés – Intermarché peut-elle légitimement se prévaloir d’être actrice du « mieux manger », sans avoir à mettre en cohérence ses pratiques avec son discours ?

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