09 décembre 2025
Les représentant·e·s des États membres de l’Union européenne et du Parlement européen ont trouvé cette nuit un accord sur l’Omnibus I, une directive destinée à affaiblir le devoir de vigilance européen (CSDDD). À la suite d’une alliance historique entre droite et extrême droite au Parlement européen, et confrontés à des ingérences étrangères (États-Unis, Qatar (1)…) et industrielles incessantes, les États membres et la Commission ont fait le choix de la capitulation. Le compromis trouvé éloigne fatalement la CSDDD de son objectif : prévenir et réparer les atteintes aux droits humains et à l’environnement commises par les multinationales. L’accord politique doit désormais être formellement voté par le Conseil et le Parlement européen dans les prochains jours.
Le cocktail était explosif : de nombreux acteurs alertaient sur les reculs envisagés par l’Omnibus I, l’irrégularité de la procédure législative engagée, un lobbying agressif contre les textes du Pacte Vert, et l’alliance politique historique de la droite européenne avec l’extrême droite contre ce texte. Le Conseil de l’UE et le Parlement européen auraient pu résister tout le long du processus législatif. Las, cette nuit, les États membres et le Parlement se sont mis d’accord pour démanteler le devoir de vigilance européen :
Ces reculs auront des effets néfastes très concrets pour les personnes affectées par les activités des multinationales, en Europe et ailleurs.
Au-delà de ses impacts environnementaux et sociaux, l’issue de ce trilogue marque un tournant historique : les institutions européennes ont rompu le cordon sanitaire et accepté que l’extrême-droite et les lobbies européens mais aussi étrangers tiennent la plume pour légiférer en Europe.
Il s’agit du premier texte de dérégulation d’une série annoncée par la Commission européenne, présageant du pire pour l’avenir du droit européen.
Face à ces avancées funestes, nos organisations appellent la France à se montrer à la hauteur des enjeux et de ses engagements passés en refusant fermement ce compromis réactionnaire.
(1) https://www.energy.gov/sites/default/files/2025-10/USA-Qatar-Joint-Letter.pdf
09 décembre 2025
La date du 9 décembre 2025 est entrée dans l’Histoire.
Dans la nuit du 8 au 9 décembre 2025, les institutions européennes ont accepté, pour la première fois depuis la fin de la seconde guerre mondiale, une législation – en l’occurrence l’Omnibus I, une loi de régression qui ouvre une longue série d’Omnibus de démolition du Green Deal – pensée puis votée par une alliance inédite entre la droite et l’extrême droite.
Le 9 décembre 2025 sera aussi retenu comme la date qui marque le début de la dissolution de la droite dans les partis extrêmes, le moment où la droite européenne, menée par l’Allemand Manfred Weber pour le Parlement européen et Friedrich Merz pour le gouvernement allemand, ne se distingue plus de l’extrême droite et, pensant, comme Franz Von Papen en 1932, que la droite pouvait civiliser le diable en s’associant avec lui, accélère la descente aux enfers de l’Union européenne.
08 décembre 2025
Le 8 décembre 2025 sera une date historique. Et a priori sombre.
A 19h, les États membres de l’UE, la Commission européenne et les eurodéputés se réunissent à Bruxelles en trilogue, à huis clos, pour décider s’ils entérinent « l’Omnibus I », le premier d’une longue série de dérégulations visant à démolir le Pacte Vert européen (Green Deal) initiées par la Commission européenne sous le diktat de Donald Trump et des lobbies industriels, notamment ceux des énergies fossiles et des industries chimiques.
Ce qui se décidera aussi, lors de cette réunion cruciale, est à proprement parler historique : si elles valident le vote du Parlement européen du 13 novembre 2025, les institutions européennes accepteront pour la première fois depuis la fin de la seconde guerre mondiale une législation pensée, portée et votée par une alliance entre la droite et l’extrême droite.
18 novembre 2025
Le 13 novembre a marqué une bascule en Europe. Le Parlement européen, dans une alliance stratégique inédite et assumée entre la droite et l’extrême droite, a adopté une législation régressive, intitulée « Omnibus I » (1), qui détricote la directive sur le devoir de vigilance des entreprises et supprime même, en pleine COP30, l’obligation des multinationales de produire et de mettre en œuvre des « plans de transition climatique » visant à respecter l’Accord de Paris.
Aujourd’hui, un collectif international de dirigeants d’organisations de la société civile, de syndicats, d’entreprises responsables, d’universitaires, d’avocats et d’activistes climatiques demande aux 27 États européens de résister à la vague de dérégulation demandée par Donald Trump, le Qatar et les lobbies des énergies fossiles et de restaurer dans leur intégralité la responsabilité civile des entreprises et les plans de transition climatique.