09 décembre 2025
La date du 9 décembre 2025 est entrée dans l’Histoire.
Dans la nuit du 8 au 9 décembre 2025, les institutions européennes ont accepté, pour la première fois depuis la fin de la seconde guerre mondiale, une législation – en l’occurrence l’Omnibus I, une loi de régression qui ouvre une longue série d’Omnibus de démolition du Green Deal – pensée puis votée par une alliance inédite entre la droite et l’extrême droite.
Le 9 décembre 2025 sera aussi retenu comme la date qui marque le début de la dissolution de la droite dans les partis extrêmes, le moment où la droite européenne, menée par l’Allemand Manfred Weber pour le Parlement européen et Friedrich Merz pour le gouvernement allemand, ne se distingue plus de l’extrême droite et, pensant, comme Franz Von Papen en 1932, que la droite pouvait civiliser le diable en s’associant avec lui, accélère la descente aux enfers de l’Union européenne.
Le rapporteur du texte, le député PPE suédois Jörgen Warborn, un ultralibéral convaincu d’obédience Reagan–Thatcher, tentera désespérément de présenter cet acte inaugural de démolition du Green Deal et de la directive sur le devoir de vigilance des entreprises comme une victoire de la droite « pour la compétitivité », mais personne n’est dupe : c’est bien une victoire écrasante de l’extrême droite qui s’est produite.
Dans la nuit du 8 au 9 décembre, c’est en effet sous la baguette des trois formations d’extrême droite du Parlement européen (ECR, PFE, ESN) qui regroupent des partis fascistes, néonazis, racistes, homophobes, opposés à la démocratie, à l’UE et à l’État de droit, que les dernières virgules de l’acte I de destruction du Green Deal se sont négociées.
La droite-extrême droite (DED), œuvrant résolument contre les citoyens, les PME, les droits humains et le climat, a eu la peau du devoir de vigilance des entreprises. Après une longue histoire de construction démocratique de lois visant à protéger les citoyens, l’État de droit, et récemment le climat avec les nombreuses législations contenues dans le Green Deal impulsé par la 1ère Commission von der Leyen, l’UE est entrée dans la nuit.
Résultat : les multinationales les plus destructrices des droits humains, sociaux, de l’environnement et du climat retrouvent leur impunité totale. Et elles ne sont plus obligées de respecter l’accord de Paris. Alors que le monde brûle d’un côté, et disparaît sous les eaux de l’autre, voilà le programme pour la société de demain selon la DED : le règne sans partage des lobbies les plus irresponsables.
Au lieu de tenir tête aux menaces du premier président fasciste américain Donald Trump et à la montée intérieure du fascisme européen, la droite s’est perdue et risque de nous perdre collectivement en choisissant de régner avec l’extrême droite plutôt qu’avec les formations de la droite libérale et de la gauche.
Un sursaut démocratique est encore possible : la droite peut se ressaisir et refuser l’explosion de l’arc républicain ainsi que sa propre dissolution le mardi 16 décembre lors de l’ultime étape de ce processus législatif, avec le dernier vote de validation du résultat du trilogue par le Parlement européen, avant promulgation de l’Omnibus I.
Si certaines délégations de la droite conservatrice (PPE) ne se détachent pas de la formation DED (droite-extrême droite) pour voter en conscience et agir en connaissance du tragique de notre passé, on pourra dire que le président LR de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, était le dernier héritier du gaullisme lorsqu’il rappelait avec clarté son attachement à une éthique républicaine de l’action publique dans l’émission « Questions politiques » sur France Inter le 7 décembre en affirmant : « je voudrais entendre : pas une voix pour le Rassemblement national ».
Le 16 décembre sera la dernière chance pour que la droite rejette cette législation scélérate et défende l’État de droit, la souveraineté et la démocratie européenne. Si elle échoue, l’extrême droite européenne pourra revendiquer sa première victoire dans l’histoire parlementaire européenne, laissant présager du pire pour les années à venir.
Ensuite, il ne restera plus aux citoyens que les élections pour reprendre le contrôle de leur destin.
Le 9 décembre 2025 sera retenu, c’est certain, comme la date du début de la dégringolade de l’Union européenne : le moment où les digues ont lâché, où les États membres et la Commission européenne ont, après le Parlement européen, eux aussi pulvérisé le « cordon sanitaire » en acceptant le vote du 13 novembre qui a scellé la position commune de la droite européenne (PPE) et des trois groupes d’extrême droite (ECR, PFE et ESN) sur le premier Omnibus de dérégulation du Green Deal.
La dédiabolisation de l’extrême droite est donc achevée. La vague brune peut se transformer en tsunami et entamer la nouvelle phase, celle pour laquelle l’extrême droite se prépare depuis des années : la phase de destruction de nos lois, du droit, de nos droits, et d’absorption de ce qu’il reste de la droite « conservatrice », désormais dissoute dans un programme unique et partagé avec l’extrême droite : la droite-extrême droite, la « DED ».
Réunis en trilogue hier soir, le Conseil, le Parlement et la Commission européenne ont décidé, à huis clos, de parachever le premier acte de dérégulation initiée par Ursula von der Leyen suite à la percée de la droite et de l’extrême droite lors des élections législatives de juin 2024.
Au terme d’une négociation boycottée par les parlementaires de la droite libérale et de la gauche, les institutions européennes ont scellé à 4 heures du matin un accord qui torpille le cœur de la directive européenne sur le devoir de vigilance.
Quelques jours après la démonstration de force de l’administration Trump, qui se félicitait dans sa stratégie de sécurité nationale de la montée des partis d’extrême droite en Europe, l’Union européenne accède aux demandes de Donald Trump et de l’industrie fossile, TotalEnergies, Chevron, ExxonMobil, Koch et Dow Chemical en tête.
Après le tremblement de terre du 13 novembre, qui a vu une alliance inédite des droites et extrêmes droites européennes se former au Parlement européen, les États membres de l’Union européenne et la Commission ont failli à leur mission de défense de l’intérêt général en laissant cette union toxique de droite et d’extrême droite marquer d’une empreinte indélébile son emprise sur le processus législatif européen.
La droite ne pouvant plus en quoi que ce soit se distinguer de l’extrême droite, la date du 13 novembre peut être retenue comme celle de la naissance d’une nouvelle formation politique : la DED, la droite-extrême droite.
En juin 2024, secouée par le scandale du travail forcé des Ouïghours en Chine, animée par un esprit de responsabilité face à la crise climatique, l’Union européenne promulguait la directive européenne sur le devoir de vigilance. Cette législation européenne historique était destinée à contraindre toutes les grandes entreprises opérant dans l’Union européenne à respecter les droits humains et l’environnement dans leur chaîne de valeur et à construire des modèles d’affaires en prise avec l’urgence climatique.
Mais dans la nuit du 8 au 9 décembre 2025, à Bruxelles, ce sont les objectifs climatiques européens et le tissu industriel et artisanal européen que la France et les États membres de l’UE viennent de sacrifier avec les parlementaires de la DED pour contenter les pires lobbies industriels, TotalEnergies, Chevron, ExxonMobil, Dow Chemical ou JPMorgan Chase en tête :
– Suppression des plans de transition climatique qui contraignaient les entreprises opérant sur le marché européen à aligner leurs investissements et stratégies sur les objectifs de l’Accord de Paris et la neutralité carbone à horizon 2050 (article 22) ;
– Suppression du régime de responsabilité civile harmonisé au niveau européen pour que les grandes entreprises répondent de leurs actes devant la justice lorsqu’elles sont complices de violations des droits humains et des atteintes graves à l’environnement vi leurs filiales, fournisseurs et sous-traitants (article 29).
Effondrement du Rana Plaza au Bangladesh, pollution de Shell au Nigéria, incendie de l’usine textile de Kik au Pakistan, travail forcé des Ouïghours en Chine, meurtre de défenseurs des droits humains et de l’environnement au Honduras en marge de projets miniers financés par des banques européennes, harcèlement des observateurs à bord des navires de pêche industrielle… dans tous ces cas, les victimes de multinationales européennes ont été confrontées à un déni de justice.
Le devoir de vigilance incarnait la promesse de la fin de l’impunité des multinationales, en levant les multiples barrières qui entravent l’accès à la justice des personnes et communautés dont les droits ont été bafoués à l’autre bout du monde par des multinationales exploitant la misère du monde de l’autre côté du globe pour inonder le marché européen de produits à bas coûts.
Cette promesse est désormais enterrée, laissée au bon vouloir de chacun des vingt-sept États membres de l’Union européenne. Un processus législatif vicié, mené tambour battant par la Commission européenne, aboutit ainsi à un contre-sens historique, contre toutes les déclarations sur la création d’un « marché unique européen ».
La décision adoptée en trilogue signale que les institutions européennes se sont engagées sur une pente vertigineuse, au mépris de toutes les alertes émises ces dernières semaines par plus de cent professeurs de droit, la médiatrice européenne, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, le réseau européen des institutions nationales des droits de l’homme, la vice-présidente de la Commission européenne, ou plus de 400 représentants de la société civile.
Le tout dans un contexte d’ingérence étrangère inédit, la Maison-Blanche et le Qatar ayant publiquement voué aux gémonies le devoir de vigilance, Donald Trump et l’administration Trump ayant par ailleurs déposé un projet de loi au Sénat américain pour interdire aux entreprises américaines de respecter le devoir de vigilance européen, menacé les grandes entreprises américaines de représailles en cas de respect de la législation européenne en la matière, et obtenu d’Ursula von der Leyen des garanties pour fonder un régime d’exception pour les entreprises américaines dans l’optique d’un futur accord de commerce transatlantique.
Selon Swann Bommier, directeur du plaidoyer de BLOOM, « l’Omnibus I porté par la Commission européenne aura vu toutes les lignes rouges exploser en vol les unes après les autres. Les institutions européennes ont perdu leur boussole, cédant sur toute la ligne face aux lobbies industriels et aux forces d’extrême droite. Nous assistons, dans un silence assourdissant, à la mort de la démocratie parlementaire européenne, alors que l’administration Trump soumet l’Union européenne à une pression inédite pour rétablir l’impunité des multinationales, perpétuer le règne de l’industrie fossile, et renforcer les partis d’extrême droite ».
En ce qui concerne le reporting extra financier des entreprises, la directive CSRD, consulter le communiqué du Parlement européen.
Avant promulgation, les parlementaires européens devront approuver l’accord scellé en trilogue sous la pression de la droite et de l’extrême droite lors d’un ultime vote, le 16 décembre, durant la prochaine session plénière du Parlement européen à Strasbourg.
L’histoire nous a appris que céder aux injonctions de l’extrême droite pour espérer s’attirer sa clémence ne fait qu’aiguiser son appétit. Alors que l’administration Trump s’est fixé comme objectif de fracturer l’Union européenne et d’appuyer la montée de l’extrême droite, saluant avec « un grand optimisme » dans sa stratégie de sécurité nationale la montée en puissance des « partis européens patriotiques », les parlementaires européens doivent faire valoir la souveraineté européenne face à une entreprises de déstabilisation de grande ampleur.
Pour Claire Nouvian, directrice générale de BLOOM « si le Parlement européen cède aux carbofascistes et à la DED, il aura fourni un manuel à tous les lobbies industriels qui veulent la destruction des normes sociales, environnementales et climatiques européennes : ils n’ont plus qu’à adopter en série les paquets d’Omnibus qui s’apprêtent à déferler sur Bruxelles. Face à la corruption morale de ces prétendus responsables politiques de droite qui fusionnent avec l’extrême droite pour répondre aux exigences des lobbies industriels, qui défendent une souveraineté de pacotille soumise au diktat des puissances financières, nous appelons les parlementaires à la responsabilité et à voter en conscience dans ce moment de bascule historique ».
Le 16 décembre, le Parlement européen décidera du sort de l’Union européenne face à la montée de l’extrême droite. Chaque parlementaire doit désormais prendre ses responsabilités pour éviter l’abîme.
08 décembre 2025
Le 8 décembre 2025 sera une date historique. Et a priori sombre.
A 19h, les États membres de l’UE, la Commission européenne et les eurodéputés se réunissent à Bruxelles en trilogue, à huis clos, pour décider s’ils entérinent « l’Omnibus I », le premier d’une longue série de dérégulations visant à démolir le Pacte Vert européen (Green Deal) initiées par la Commission européenne sous le diktat de Donald Trump et des lobbies industriels, notamment ceux des énergies fossiles et des industries chimiques.
Ce qui se décidera aussi, lors de cette réunion cruciale, est à proprement parler historique : si elles valident le vote du Parlement européen du 13 novembre 2025, les institutions européennes accepteront pour la première fois depuis la fin de la seconde guerre mondiale une législation pensée, portée et votée par une alliance entre la droite et l’extrême droite.
18 novembre 2025
Le 13 novembre a marqué une bascule en Europe. Le Parlement européen, dans une alliance stratégique inédite et assumée entre la droite et l’extrême droite, a adopté une législation régressive, intitulée « Omnibus I » (1), qui détricote la directive sur le devoir de vigilance des entreprises et supprime même, en pleine COP30, l’obligation des multinationales de produire et de mettre en œuvre des « plans de transition climatique » visant à respecter l’Accord de Paris.
Aujourd’hui, un collectif international de dirigeants d’organisations de la société civile, de syndicats, d’entreprises responsables, d’universitaires, d’avocats et d’activistes climatiques demande aux 27 États européens de résister à la vague de dérégulation demandée par Donald Trump, le Qatar et les lobbies des énergies fossiles et de restaurer dans leur intégralité la responsabilité civile des entreprises et les plans de transition climatique.
13 novembre 2025
Le vote Omnibus d’aujourd’hui signe la prise de contrôle des lobbies sur nos démocraties par le biais d’une alliance diabolique entre la droite et l’extrême droite. Le cordon sanitaire n’a pas seulement sauté, il a explosé. L’Europe entame sa descente aux enfers, conséquence directe des élections européennes de juin 2024.