13 mars 2026
À Biarritz et à Saint-Jean-de-Luz, des habitants et habitantes du territoire, organisés en listes citoyennes, renversent les habitudes du secteur de la pêche. À Saint-Jean-de-Luz, la liste Donibanen Bizi propose de sanctuariser des pontons aujourd’hui réservés au secteur pour les sauver de leur « plaisanciarisation » et de municipaliser les bateaux menacés de disparition. La liste Biarritz Berri propose quant à elle la création d’un Parlement de la mer. Une initiative qui, si elle était menée à bien, constituerait un véritable pavé dans la mare en matière de gouvernance de l’océan.
Au Pays basque, la situation des pêcheurs artisans fait écho au reste du pays : accablés par la concurrence des pêcheurs industriels et délaissés par les institutions et les représentants du secteur, ils disparaissent en même temps que se dégradent les écosystèmes marins. Au port de Saint-Jean-de-Luz, les embarcations s’éteignent les unes après les autres, victimes de faillites, d’abandons ou de départs en retraite. Depuis 2025, la SPL (Société Publique Locale, qui a la gestion du port) a même ouvert les pontons aux plaisanciers, accélérant la transformation du port et sonnant le glas de son identité historique. Pour faire face à cette « plaisanciarisation », la liste citoyenne Donibanen Bizi propose de sanctuariser des pontons pour la pêche. Elle propose également que la mairie rachète les bateaux menacés de disparition pour y installer de nouveaux pêcheurs, qui fourniront ensuite les crèches et les EHPAD de la ville en poisson local. Une dynamique vertueuse qui réinscrit la pêche dans l’histoire du territoire et lui redonne sa fonction première de nourrir la population.
« On assiste à une hémorragie, mais elle n’a rien de surprenant. Les pêcheurs industriels s’accaparent les quotas et surpêchent, il y a de moins en moins de poissons et, en plus de ça, on prend de plein fouet les pollutions et le réchauffement climatique. Mais nous n’avons pas voulu laisser ce port à l’abandon. Pour nous, c’est une affaire de patrimoine et de bon sens écologique et social. Atxik1On ne lâche rien ! ! », explique Anne-Marie Vergez, qui a pratiqué la petite pêche à l’hameçon à Saint-Jean-de-Luz pendant trente ans et qui soutient les projets de la liste citoyenne.
Au nord de la cité luzienne, à Biarritz, la liste citoyenne Biarritz Berri porte un projet innovant : un Parlement de la mer, présentant une gouvernance inédite associant élus, citoyens, scientifiques et experts. Cette initiative, largement plébiscitée par les habitants lors d’un atelier participatif organisé le 10 janvier 2026, a pour objectif de donner une voix à l’océan et de repenser sa gouvernance.
« Les épisodes de pollution, les proliférations d’algues toxiques et l’inaction politique menacent directement notre bien commun, l’océan. Nous avons besoin d’en repenser la gouvernance. Et parce qu’il n’a pas de frontières, sa protection ne peut être que collective. Pour notre proposition, nous nous sommes inspirés du cas du Parlement de la Loire et de celui de la lagune Mar Menor, joyau naturel de Murcia en Espagne, menacée par de graves dégradations environnementales et premier écosystème naturel européen reconnu comme personnalité juridique. » précise l’avocate Ana Ezcurra, tête de liste de Biarritz Berri.
À travers ces initiatives, citoyens et militants rappellent une évidence : la santé de l’océan et de la pêche artisanale ne sont pas négociables. S’il est encore temps d’agir, l’heure est toutefois à l’urgence.
05 mars 2026
En France, depuis 2017 et malgré les mesures de gestion préconisées par l’Union européenne (UE), la santé des populations de poissons est mauvaise : au moins un tiers des poissons débarqués par les navires français est issu de stocks surpêchés ou effondrés. Dans un contexte accentué par le changement climatique, et pour la première fois, une note de l’IFREMER (1) remet en cause le cadre productiviste de la gestion des pêches. Cet appel à la précaution restera cependant vain sans une action forte de la part des autorités publiques pour mettre fin aux méthodes de pêche destructrices qui annihilent le vivant et les pêcheurs artisans.
17 novembre 2025
Pour la première fois, BLOOM dévoile le bilan des émissions de gaz à effet de serre, ou “bilan carbone de la pêche française”, réalisé avec le Shift Project comme partenaire technique. Le présent rapport, rédigé par BLOOM, tire les principaux enseignements de ce travail inédit.
21 mai 2025
A rebours de ces recommandations scientifiques, la France, deuxième puissance maritime mondiale et pays hôte de la Conférence des Nations Unies (UNOC) sur l’océan qui se tiendra en juin à Nice, protège réellement moins de 0,1 % de ses eaux métropolitaines (1). Pourtant, la mise en œuvre de véritables aires marines protégées, interdites au chalut et aux pêches destructrices, est à portée de main, puisqu’environ 560 navires de pêche sont en potentielle situation de dépendance vis-à-vis des aires marines “protégées”, y passant plus de 20% de leur temps.