En octobre 2025, cela fera un an que l’association BLOOM a alerté sur les risques posés par la consommation de thon contenant du mercure, un métal neurotoxique classé par l’Organisation Mondiale de la Santé comme l’une des dix substances les plus préoccupantes pour la santé publique. Or, à ce jour, aucune mesure n’a été prise par les responsables politiques nationaux et européens et l’industrie du thon pour protéger les consommateurs, en particulier les enfants. Les villes signataires ci-dessous, représentant plus de 3,5 millions d’habitants, ont donc décidé de ne pas servir de produits à base de thon dans les menus scolaires. Cette mesure ne pourra être revue sans que la limite maximale de mercure autorisée dans le thon ne soit abaissée à la teneur la plus stricte existant pour le poisson, à savoir 0,3 mg/kg.
Vous souhaitez que votre commune s’engage à retirer le thon des cantines scolaires ? Copiez-collez le texte en bas de page dans un mail à destination de vos élu·e·s
En octobre 2024, l’association BLOOM publiait une enquête [1] révélant l’ampleur de la contamination du thon au mercure. Une fois ingéré, ce puissant neurotoxique peut se loger dans le cerveau et avoir des effets dévastateurs, en particulier sur le développement neuronal des plus jeunes (baisse de QI, troubles neuromoteurs, troubles du comportement, troubles de la mémoire, etc.). Pourtant, la réglementation européenne censée protéger la santé publique fait une exception sur certains poissons prédateurs, notamment le thon : elle autorise cette espèce à contenir trois fois plus de mercure que certains autres poissons [2]. Premières victimes de cette norme établie sans prendre en compte la santé des consommateurs, les enfants peuvent très vite dépasser la Dose Hebdomadaire Tolérable (DHT), c’est-à-dire la quantité maximale ingérable régulièrement au cours d’une vie avant de s’exposer à un risque sanitaire. Plus précisément, l’enquête a montré que la consommation dans la semaine d’une seule conserve (100 g) contenant du mercure au niveau autorisé pour le thon, conduirait un enfant de 20kg à ingérer près de quatre fois plus de mercure que cette limite.
L’affaire est donc grave, et il est du devoir moral de l’Etat et des élus de protéger les citoyens, à commencer par les enfants. À l’heure où les alertes concernant les risques pour la santé se multiplient dans tous les domaines (eaux contaminées, PFAS, cadmium, perturbateurs endocriniens…), des mesures auraient dû être prises immédiatement, et le maintien du statu quo par les responsables politiques nationaux est incompréhensible. Les villes signataires ont donc décidé de se positionner en faveur de la protection des enfants, en bannissant temporairement le thon des menus scolaires dont elles ont la charge. Ensemble, elles se portent garantes de la santé des plus vulnérables en refusant d’exposer les enfants au mercure à travers la restauration collective.
Les 8 villes appellent le ministère de la Santé et le ministère de l’Agriculture à prendre, à leur tour, leurs responsabilités, en défendant à Bruxelles, auprès de la Commission européenne, un abaissement de la limite maximale de mercure dans le thon à 0,3 mg/kg – une limite d’ores et déjà appliquée à certains produits de la mer.
Elles appellent également le gouvernement et les parlementaires français à agir sans attendre l’évolution des normes européennes, en interdisant la commercialisation des produits à base de thon dépassant 0,3 mg/kg de mercure au niveau national.
Vous souhaitez que votre commune s’engage aussi à retirer le thon des cantines scolaires ? Vous pouvez les appeler ou envoyer un mai à vos élu·es, par exemple en copiant-collant le texte ci-dessous :
Bonjour, Suite aux révélations des associations BLOOM et Foodwatch sur la présence de mercure dans le thon et la défaillance des normes sanitaires actuelles, plusieurs communes ont choisi de réagir en faveur de la santé des enfants. Elles ont décidé, par précaution, de retirer temporairement le thon des cantines scolaires, tant que des normes véritablement protectrices sur le mercure dans le thon n’auront pas été mises en place. Je m’étonne que [NOM DE VOTRE VILLE] n’ait pas, elle aussi, pris position sur ce sujet important. Si vous souhaitez vous y engager, vous pouvez contacter via contact@bloomassociation.org les associations BLOOM, Foodwatch et Banlieues Climat qui rendent publique la liste des communes engagées pour nos enfants dans un post Instagram et sur leurs sites internet. Bien cordialement, NOM
[1] : BLOOM (2024), “Du poison dans le poisson”
[2] : Règlement (UE) 2023/915 de la Commission du 25 avril 2023 concernant les teneurs maximales pour certains contaminants dans les denrées alimentaires
Bègles, Clément Rossignol PUECH, Maire de Bègles, Vice-Président de Bordeaux Métropole
Drancy, Aude Lagarde, Maire de Drancy
Grenoble, Antoine BACK, Adjoint au Maire délégué aux risques et à la stratégie alimentaire et Salima DJIDEL, Conseillère municipale déléguée à la restauration municipale
Lille, Charlotte BRUN, Première Adjointe au Maire de Lille, Vice-Présidente de la Métropole Européenne de Lille
Lyon, Gautier CHAPUIS, Adjoint au Maire
Montpellier, Marie MASSART, Adjointe au Maire
Mouans-Sartoux, Gilles PEROLE Adjoint au Maire
Paris, Anne-Claire BOUX, Adjointe à la Maire de Paris en charge de la santé et Audrey PULVAR, Adjointe à la Maire de Paris en charge de l’alimentation durable, de l’agriculture et des circuits courts
Rennes, Ludovic BROSSARD, Conseiller municipal délégué à l’alimentation durable de la ville de Rennes
29 août 2025
05 mai 2025
29 octobre 2024