29 décembre 2025
Notre plainte auprès du Jury de déontologie de la publicité contre la publicité d’Intermarché du « loup mal aimé » a fait couler beaucoup d’encre. Beaucoup nous ont remerciés d’avoir rappelé que ce dessin animé, très réussi au demeurant, était bel et bien un objet commercial destiné à nous attacher à la marque Intermarché et à susciter du trafic vers ses magasins pour consommer. D’autres auraient préféré « profiter de la féerie de Noël » sans avoir à se rappeler que oui, malheureusement, le mal est partout venant des immenses puissances de destruction de nos vies et de notre santé que sont les enseignes de la grande distribution.
Puis subitement, le ton a changé. Les encouragements ou les reproches se sont transformés en un flot d’insultes et de menaces. Cette vague de haine a été déclenchée par une fake news créée de toutes pièces par le « journaliste » Hugo Clément, qui avait manifestement oublié de vérifier ses propos avant de nous accuser « d’encombrer les tribunaux » avec une « procédure judiciaire », alors que notre plainte n’est pas une action en justice mais un signalement devant les organes professionnels de régulation déontologique de la publicité : une procédure gratuite, facile, rapide et ouverte à toutes et tous. C’est sur la base de ce mensonge, extrêmement problématique venant d’un journaliste du service public, et des raids haineux de trolls d’extrême droite que ces assertions ont enflammés, que nous avons jugé important de clarifier les objectifs des stratégies de communication mises en place par Intermarché et la réalité des pratiques sordides de la grande distribution.
Entre la manipulation émotionnelle des publicitaires d’Intermarché et la fake news d’Hugo Clément, un fact-checking s’imposait. En gardant à l’esprit que ce spot d’Intermarché nous met face à d’immenses professionnels du marketing : rien n’est gratuit, rien n’est impensé, rien ne relève du hasard.
Or les supermarchés ont poussé un modèle productiviste qui a essoufflé les sols, les mers, les animaux et les humains.
Notre rôle est de révéler, dénoncer et combattre toutes les stratégies qui accélèrent la destruction de l’océan et du climat.
Depuis notre plainte, Intermarché a déjà été obligé de se justifier. C’est un premier pas pour ouvrir les yeux de nos concitoyens sur l’emprise des marques sur nos imaginaires, nos comportements et nos achats.
Contrairement à la fake news générée par Hugo Clément sur les réseaux sociaux le 24 décembre 2025, et qui a malheureusement engendré des raids haineux et insultants sur nos comptes, notre plainte contre la publicité d’Intermarché n’est pas une action en justice mais une plainte auprès des autorités de régulation de la publicité, et plus précisément auprès du Jury de déontologie publicitaire de l’ARPP (autorité de régulation professionnelle de la publicité).
Nous avons le sens des priorités, de la hiérarchie de la gravité des faits et trop de respect pour les magistrats pour les encombrer d’une telle démarche qui, de fait, aurait été complètement disproportionnée, injustifiée et ridicule.
Nous avons mis en ligne notre plainte pour celles et ceux qui souhaitent aller plus loin.
La procédure de plainte contre une publicité auprès de l’ARPP est gratuite et « légère » : il suffit de faire valoir son point de vue pour le soumettre au jury de déontologie publicitaire : cela ne nécessite pas d’avocats. Nous avons élaboré notre plainte en interne, en lisant très attentivement les règles déontologiques que sont supposés respecter les annonceurs et qu’Intermarché a enfreintes. Notre plainte n’engage donc aucune somme versée par nos donateurs.
Par ailleurs, nous avons lu dans les attaques des trolls qui ont pris la défense d’Intermarché, que nous étions une association « financée par argent public ». Ce qui est, une fois de plus, faux : nous ne recevons aucune subvention publique. Notre budget est fait des dons de particuliers en très large majorité et de dons de fondations. Tous nos comptes sont certifiés par un commissaire aux comptes et disponibles en ligne en toute transparence.
Évidemment, nous n’avons pas demandé l’interdiction de la publicité mais seulement le retrait des plans de poisson. Même si au-delà des poissons, le clip pose beaucoup de problèmes éthiques, que nous détaillons ci-dessous, nous n’aurions pas voulu priver les Français·es et les enfants d’une petite animation très réussie au demeurant, fabriquée sans IA, par un studio français.
En revanche, nous demandons le retrait des plans de pêche et de poisson qui n’ont rien à faire dans ce script et participent à colporter des idées fausses sur la pêche pratiquée et vendue par Intermarché.
Combattre la guerre culturelle que ces annonceurs livrent à nos esprits (et à ceux de nos enfants) clairement crédules fait pleinement partie de nos missions : celles que nous menons depuis 20 ans contre les ravages des industriels.
Retirer les trois plans de poissons ne changera rien au film pour celles et ceux qui l’aiment, mais cela changera tout à la perception que les gens qui regardent ce clip peuvent se faire de la pêche, notamment les enfants. Demander cela ne procède pas d’un détail mais d’une étape dans le combat culturel que les industriels mènent contre nos imaginaires pour faire croire que la pêche qu’ils pratiquent est « durable », alors que la flotte de pêche d’Intermarché est majoritairement composée de navires à fort impact environnemental : des chalutiers de fond et des senneurs (une technique similaire).
Nous demandons le retrait des plans de poissons par respect pour tous les animaux et écosystèmes massacrés par les chalutiers industriels d’Intermarché chaque année.
Le chalutage de fond pratiqué par Intermarché est la méthode de pêche la plus destructrice d’entre toutes. Elle consiste à traîner un filet lesté sur le fond qui arrache et pulvérise tous les organismes marins qui s’y trouvent.
Un seul passage de chalut tue entre 20 et 50% des invertébrés présents sur son chemin. Mais tous les chiffres concernant cette méthode de pêche destructrice sont accablants. La seule raison pour laquelle ce ravage des fonds et animaux marins se poursuit, c’est en raison du lobbying forcené des industriels, comme Intermarché et d’autres, auprès des pouvoirs publics. Jugez-en par vous-mêmes.
De tous les engins de pêche, les chaluts et sennes de fond, qui représentent 11% des navires de pêche français et 26% des débarquements, sont responsables de :
Pour traîner de lourds filets, les navires ont besoin de moteurs puissants qui consomment beaucoup de carburant. C’est pour cette raison que bien que les chalutiers de fond ne représentent que 11% des navires français, ils sont responsables d’au moins 46% des émissions de CO2. Les chalutiers sont les premiers pollueurs en émettant 2 à 3 fois plus de CO2 par tonne pêchée que les autres navires.
En plus de leur impact désastreux sur l’environnement, les chalutiers de fond ont un mauvais bilan économique et social. Les chalutiers de fond créent 2 à 10 fois moins d’emplois que les flottilles aux arts dormants, en fonction de leur taille. Ils créent également moins de valeur ajoutée par tonne de kilo pêché que les arts dormants. Le chalutage a de lourdes conséquences sociales et environnementales, comme l’ont démontré les travaux des chercheurs de l’Institut Agro et du Muséum d’Histoire naturelle que nous avons synthétisés dans un rapport scientifique.
L’argent public est structurellement nécessaire à ces chalutiers et senneurs de fond de plus de 12 mètres car sans aides publiques, leur rentabilité s’effondre et ils ne seraient pas économiquement viables.
C’est nous, citoyens, qui payons collectivement la destruction de l’océan.
La flotte d’Intermarché — la Scapêche — est l’archétype de la flotte de pêche industrielle à fort impact environnemental. Elle est essentiellement composée de chalutiers de fond mesurant de 20 à 46 mètres et d’un navire de 63 mètres pêchant la légine dans les eaux antarctiques autour de l’île de Kerguelen.
Actuellement, la Scapêche possède toujours deux très grands chalutiers de fond pêchant dans les écosystèmes profonds et fragiles du Nord-Ouest de l’Écosse, le « Jean-Pierre le Roch » (42 mètres de long) et le Mariette Le Roch II (46 mètres de long). Nous avons épinglé ces deux navires au début de l’année 2025 pour des activités de pêche manifestement illégales, en violation du règlement d’interdiction de la pêche profonde au-delà de 800 mètres de profondeur, que nous avons gagné en 2016.
La Scapêche a par ailleurs investi dans une pêche plus côtière, notamment en rachetant quatre navires d’une quinzaine de mètres de long pêchant la sardine dans le golfe de Gascogne. Cette activité côtière est tout autant décriée, en raison de la construction d’une série de six senneurs démersaux (une technique de pêche destructrice apparentée au chalutage de fond) regroupés dans la copropriété « Scopale », à Boulogne-sur-Mer. Ces dernières années, la Scapêche a aussi investi dans un autre armement chalutier majeur en Bretagne, l’armement Bigouden, en rachetant près de 20% de ses parts.
Cette pêche industrielle au chalutage de fond, très néfaste pour les écosystèmes marins, n’est possible que grâce à un niveau de subventionnement très élevé, puisque les navires de pêche n’ont pas à payer de taxe sur le carburant — quasiment la moitié du prix — que tous les citoyens paient à la pompe.
Sur les quatre derniers exercices donnés par la plateforme « pappers.fr », la Scapêche a accumulé 30 millions d’euros de pertes nettes. Ainsi, malgré la détaxe sur le carburant qui s’élève chaque année à des millions d’euros pour une entreprise telle que la Scapêche, dont les navires sont extrêmement énergivores, la Scapêche ne génère aucun bénéfice.
C’est une bonne chose si le loup, unanimement compris et présenté comme « végétarien » par la presse, a fait progresser la cause des légumes, mais alors quelle est la cohérence de l’enseigne dans ce rayon ? Et quel besoin y avait-il simultanément de faire régresser la cause de l’océan en laissant entendre que manger du poisson était compatible avec un « mieux manger » ?
Ce n’est pas le choix qu’ils font.
« Mieux manger » implique de pouvoir le faire, c’est-à-dire de disposer d’une offre de qualité, à prix abordable, qui ne soit pas engloutie par la mise en avant de produits ultra transformés.
Notre alimentation est l’une des clefs centrales de notre santé mais nos choix procèdent de facteurs multiples que l’on désigne comme « l’environnement alimentaire ».
Les stratégies marketing font partie intégrante de ces éléments extérieurs qui influencent nos habitudes alimentaires : publicité, emballages, image de la marque, prix, lieu de vente du produit, etc. Il est désormais reconnu que « le marketing alimentaire a plus d’influence sur les comportements alimentaires des individus que les campagnes sanitaires des politiques de santé publique en France »11. https://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/dossiers-thematiques/geographie-de-la-sante-espaces-et-societes/articles-scientifiques/obesite#section-1. Il est notamment l’un des facteurs majeurs de l’augmentation du surpoids à l’échelle planétaire.
Or que font les enseignes de la grande distribution comme Intermarché ? Exactement le contraire de la promotion du « manger mieux ».
C’est pourquoi nous avons bondi en voyant le slogan de fin de la publicité qui ose affirmer « on a tous une bonne raison de commencer à mieux manger ».
Quel toupet !
Intermarché ose promouvoir le « manger mieux » alors que la grande distribution nous vend à vil prix des produits infâmes, trop gras, trop sucrés, ultra-transformés 22. https://www.radiofrance.fr/franceinfo/podcasts/les-documents-franceinfo/diabete-obesite-depression-les-aliments-ultra-transformes-sont-dangereux-pour-la-sante-alertent-des-scientifiques-5869596, et https://www.foodwatch.org/fileadmin/-FR/Documents/Methodologie-resultats-enquete-promotions-2025_VF.pdf. Les mêmes enfants qu’ils attendrissent aujourd’hui avec un joli dessin animé sont de fait les victimes des stratégies de marques comme Intermarché.
Les enfants et adolescents sont des cibles privilégiées du marketing alimentaire. Or les promotions marketing concernent presque exclusivement des produits ultra-transformés à faible valeur nutritionnelle et hautement caloriques. Alors que les chercheurs alertent sur la forte consommation par les enfants de produits ultra transformés (biscuits, chips, céréales, nuggets etc.)33. https://www.radiofrance.fr/franceinfo/podcasts/les-documents-franceinfo/forte-presence-de-produits-ultra-transformes-dans-l-alimentation-des-enfants-alerte-60-millions-de-consommateurs-2670720, ce sont bien des promotions pour ces produits qui bombardent nos enfants lorsqu’ils arrivent chez Intermarché, attirés par le loup mal aimé.
Les enseignes ont marché main dans la main avec les industries chimiques et empoisonné nos écosystèmes et nos enfants en bourrant leurs produits de sucres, de graisses, d’additifs, etc.
Résultat ? Troubles du neurodéveloppement, obésité croissante, augmentation des cancers, diabète et épidémie de maladies chroniques liées à l’alimentation…. Les cancers des enfants de moins de 15 ans augmentent de 1 à 2% par an en Europe depuis 30 ans44. https://www.aphp.fr/vous-soigner/les-cancers/les-cancers-de-lenfant-et-de-ladolescent#:~:text=C’est%201%20enfant%20sur,en%20Europe%2C%20depuis%2030%20ans ! Les raisons sont multiples mais elles pointent toutes vers le modèle que l’agro-industrie et la grande distribution ont imposé dans nos vies, notamment via la publicité : obésité croissante, pollution, perturbateurs endocriniens, alimentation55. https://www.gustaveroussy.fr/fr/news-comprendre-et-prevenir-augmentation-des-cancers-chez-les-20-40-ans#:~:text=Les%20chercheurs%20avancent%20plusieurs%20explications,certains%20traitements%20et%20agents%20environnementaux…
L’ONG Foodwatch a révélé que les produits les moins chers vendus en supermarchés étaient les plus sucrés66. https://www.foodwatch.org/fr/actualites/2024/enquete-dans-les-supermarches-les-produits-les-moins-chers-sont-les-plus-sucres-les-marques-distributeur-dans-le-viseur-de-foodwatch. Lorsqu’elle a demandé à Intermarché d’en retirer le sucre, elle n’a obtenu aucune réaction de l’enseigne.
Si on est d’accord sur le fait que le seul objectif d’une publicité est d’obtenir un retour sur investissement, et que le pilotage du calendrier publicitaire est le fruit d’une analyse et d’une connaissance très fines des comportements des acheteurs, alors quel serait l’intérêt d’Intermarché de promouvoir un message orientant les gens vers les légumes au moment des fêtes de Noël ?
L’intérêt est double : d’une part, c’est le moment où les Français cuisinent le plus intensément (92% des Français s’impliquent dans la préparation du repas de Noël77. https://nouvellesconso.leclerc/la-table-de-noel-decouvrez-ce-que-les-francais-mijotent/) et c’est donc le moment de l’année où nos achats de produits frais culminent (plus d’un Français sur deux reconnaît d’ailleurs acheter trop de nourriture et beaucoup jeter88. https://www.francebleu.fr/infos/societe/fetes-de-fin-d-annee-plus-d-un-francais-sur-deux-reconnait-acheter-trop-de-nourriture-selon-une-etude-4970734).
Et d’autre part, c’est justement sur les produits frais qu’Intermarché fait ses plus grosses marges, de l’aveu même de Thierry Cotillard99. https://reporterre.net/Pub-d-Intermarche-ce-que-le-conte-de-Noel-ne-dit-pas. Après le scandale du placement de produit en faveur des poissons, présentés comme issus d’une ressource abondante et d’une pêche à faible impact, le cynisme d’Intermarché culmine ici, car s’ils voulaient vraiment que les Français·es mangent mieux, ils seraient les mieux placés pour que cela se produise.
L’association UFC-Que choisir a enquêté en 2019 sur les marges que prennent nos supermarchés sur les fruits et légumes bio. Résultat : « La grande distribution, qui se gavait déjà beaucoup sur les fruits et légumes, se gave encore plus sur le bio », estime l’UFC-Que choisir110. https://www.franceinfo.fr/economie/emploi/metiers/agriculture/video-la-grande-distribution-qui-se-gavait-deja-beaucoup-sur-les-fruits-et-legumes-se-gave-encore-plus-sur-le-bio_4787463.html.
Les marges brutes sur les fruits et légumes bio sont en moyenne 75% plus élevées que sur les productions conventionnelles ! Pour les pommes bio, les marges brutes sont 150% plus élevées que les pommes cultivées en agriculture conventionnelle.
Ces marges brutes des enseignes sont à comparer avec les marges pratiquées par des circuits courts, par exemple « La Ruche qui dit oui »211. https://support.laruchequiditoui.fr/hc/fr/articles/360014042779-La-r%C3%A9mun%C3%A9ration-des-Producteurs-%C3%A0-la-Ruche-qui-dit-Oui, qui laisse 80% du prix au producteur et ne conserve que 20% du prix pour assurer la logistique de distribution.
La grande distribution a écrasé les producteurs, cassé les prix, asservi les agriculteurs, les éleveurs, les pêcheurs et les fabricants de diverses natures en pratiquant une guerre des tarifs sans merci.
Des produits frais, bio, qui rémunèrent justement les producteurs et qui leur (et nous) permettent de résister à l’agro-industrie, c’est possible ! C’est le principe même des circuits courts, des réseaux d’AMAP (associations pour le maintien d’une agriculture paysanne) et de tous les modèles qui visent la rémunération digne et juste des producteurs.
Quelques ressources ici :
Manger local n’est pas possible pour tout, certains territoires permettent la culture de produits impossibles à cultiver ailleurs, et offrent des spécialités et savoir-faire traditionnels précieux (le piment d’Espelette par exemple). Dans ce cas, il faut rechercher et soutenir l’agriculture bio et paysanne autant que faire se peut.
Enfin, pour soutenir la pêche durable et permettre aux jeunes de s’installer à la pêche, vous pouvez soutenir le projet Mer de Liens qui vient d’être lancé. Il permet aux citoyens d’investir dans des bateaux et des droits de pêche pour faciliter l’installation de jeunes pêcheurs engagés dans une pratique de pêche durable et de les accompagner dans le lancement de leur activité.
Trois ONG ont passé au crible la fiabilité des labels et accordé un satisfecit aux huit labels de commerce équitable : Fairtrade Max Havelaar, WFTO, Biopartenaire, SPP, Fair for life, Agriéthique France, Bio équitable en France, Fnab bio équitable français : tous garantissent les critères économiques, sociaux et environnementaux.
23 décembre 2025
Aujourd’hui, BLOOM porte plainte auprès du Jury de déontologie publicitaire (JDP) de l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP) contre le « conte de Noël » publicitaire d’Intermarché mettant en scène un loup « mal aimé » présenté comme végétarien, mais consommant pourtant du poisson. La publicité alimente une confusion profondément ancrée, bien qu’erronée, entre végétarisme et consommation de poisson, et contribue à la renforcer, en véhiculant un message implicite mais limpide : si vous êtes végétarien·ne, vous pouvez manger du poisson. La publicité normalise cette idée fausse et l’ancre dans l’imaginaire collectif, au bénéfice direct de la promotion de produits issus de la pêche d’Intermarché, puisque l’enseigne possède sa propre flotte de pêche, la Scapêche, qui pratique notamment le chalutage, la méthode de pêche la plus destructrice d’entre toutes, à échelle industrielle.
Par ailleurs, la publicité comporte un message induit mensonger sur l’abondance des poissons, qui est en totale contradiction avec l’état de santé de leurs populations. La publicité banalise en outre la pratique de la pêche tout en minimisant ses impacts environnementaux, or Intermarché ne pratique pas la pêche sélective à la ligne montrée dans le dessin animé mais au contraire le chalutage industriel.
16 décembre 2025
Politico ne s’était pas trompé en accordant à Donald Trump le statut d’homme le plus influent d’Europe (1). Le vote aujourd’hui du Parlement européen, à Strasbourg, a confirmé ce constat : le premier Omnibus, un paquet législatif détruisant le devoir de vigilance des entreprises et entamant la grande dérégulation du Green Deal ainsi que de toutes les normes environnementales européennes, à la demande explicite de Trump, du Qatar, des lobbies des énergies fossiles et des industries chimiques, vient d’être adopté à 428 voix contre 218, par une majorité de la droite libérale (Renew), la droite conservatrice (PPE) et l’extrême droite (ECR, PfE et ESN).
15 décembre 2025
À la veille du vote final de validation par le Parlement européen du premier paquet législatif « Omnibus » inaugurant la grande dérégulation des lois européennes, BLOOM porte plainte pour conflit d’intérêts contre le rapporteur du texte, l’eurodéputé suédois Jörgen Warborn, et dénonce sa compromission avec des puissances étrangères ainsi que sa trahison de l’intérêt supérieur de l’Union européenne.