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29 mars 2025

Du 21 au 29 mars : une mobilisation hors norme pour l’océan

Avant même la Conférence des Nations unies sur l’océan du mois de juin, la France a accueilli les 30 et 31 mars le Sommet international SOS océan” (1). Dans ce contexte, la ministre de l’écologie Agnès Pannier-Runacher a annoncé vendredi 21 mars qu’elle plaiderait pour protéger les aires marines protégées au “cas par cas”.

Alors que les études montrent que 2024 a été l’année la plus chaude pour l’océan, que la vie est en cycle d’extinction sur Terre, et que le climatologue James Hansen publie une étude affirmant que l’objectif de l’Accord de Paris de maintenir la hausse des températures mondiale sous la barre des 2 degrés est “mort”, le gouvernement français ne répond toujours pas à la responsabilité qui lui incombe : protéger l’océan pour sauver nos vies.

Les briques du Système Terre sont en train de s’écrouler sous nos yeux. 

Les causes directes du changement climatique sont clairement identifiées par les scientifiques. Les causes de destruction de l’océan, principal régulateur du climat planétaire, sont elles aussi connues. Ce sont la pêche industrielle, dont les désastreuses conséquences sont exacerbées par le changement climatique, et les émissions de CO2. Le GIEC souligne pourtant dans son dernier rapport que la protection des écosystèmes est le deuxième levier le plus efficace pour lutter contre le changement climatique et l’érosion du vivant. 

Malgré la pression croissante exercée par BLOOM et les chercheurs depuis des années, la France, par la voix de la ministre Agnès Pannier-Runacher, s’entête dans une scandaleuse défense de l’approche de la protection au « cas par cas ». 

BLOOM dénonce fermement cette position qui répond, une fois de plus, aux intérêts des lobbies de la pêche industrielle. Ces derniers sont en train de gagner, la ministre de l’écologie reprend mot pour mot leurs éléments de langage et ainsi, leur permet de continuer de détruire l’océan en toute impunité. 

Dans ce contexte, de plus en plus angoissant, les citoyens, les ONG et les chercheurs se mobilisent largement. 

Vendredi 21 mars : un événement fédérateur extraordinaire

BLOOM et la Coalition Citoyenne ont réuni 2000 personnes lors d’une soirée hors normes « Vivant(s) » au Théâtre du Châtelet le 21 mars dernier. Artistes, scientifiques et activistes se sont succédés sur le plateau du Châtelet afin d’obtenir, ensemble, la protection de l’organe vital de la planète : l’océan.

© Claire Jaillard

Samedi 22 mars : un soutien citoyen à la parole scientifique

Dès le lendemain, nous avons été des milliers à interpeller Emmanuel Macron sur les réseaux sociaux en relayant une vidéo rappelant les alertes scientifiques des 50 dernières années sur l’état du climat et de l’océan. La vidéo a été vue près d’un million de fois.

Obtenir des aires marines réellement protégées est l’une des choses les plus importantes que notre pays, petit par sa terre mais immense par sa mer (11 millions de km²), puisse faire pour lutter contre le dérèglement du climat et la disparition des espèces sauvages. Pour le moment, la France dit protéger plus de 30% de son territoire marin mais en réalité, moins de 0,1% de nos eaux interdisent les activités industrielles à fort impact comme la pêche au chalut qui traîne d’immenses filets ravageant les fonds marins.

Lundi 24 mars : une interpellation du Président dans Le Monde

Nous avons interpellé le Président Emmanuel Macron en pleine page du journal Le Monde.

Mardi 25 mars : un affichage dans le métro parisien

Nous avons obtenu un quai entier d’affiches rappelant la réalité scientifique de la destruction du monde à la station de métro Trocadéro où se déroulait le sommet SOS Océan.

Le même jour, avec nos collègues d’Oceana, Pristine Seas et Only One, nous avons organisé une conférence de presse accueillie par le Consulat Voltaire pour dénoncer le coût du chalutage pour la société et montrer la voie d’une transition possible. Nous avons invité des chercheurs à présenter leurs travaux inédits démontrant que 85% des captures réalisées par les chalutiers peuvent être attrapées par d’autres méthodes de pêche. Le chalut n’est pas une fatalité. Ces nouveaux résultats scientifiques suffiraient à enclencher immédiatement un plan d’action du gouvernement pour engager une transition progressive du secteur pour que sa déchalutisation ait enfin lieu. Lisez notre rapport « S’Affranchir du chalut ».

Mercredi 26 mars : des actions locales devant les supermarchés

Nous avons lancé une action d’interpellation de la grande distribution pour que les supermarchés cessent d’acheter du poisson provenant de bateaux pêchant dans les aires marines protégées. Des tractages coordonnés avec le soutien des collectifs militants XR, Alternatiba et La Marmite Rouge ont eu lieu à Aix-en-Provence, Auxerre, Clermont-Ferrand, Lorient, Montpellier, Nantes, Paris et Rennes.

      

Jeudi 27 mars : une tribune de maires et de parlementaires dans Le Monde

Dans une tribune parue dans Le Monde, des personnalités politiques de premier rang comme Marine Tondelier, François Ruffin, Anne Hidalgo, Raphaël Glucksmann, Manon Aubry et bien d’autres se sont engagées en faveur d’aires marines protégées véritables qui permettraient ENFIN de créer des espaces aux deux tiers accessibles uniquement à la petite pêche artisanale (moins de 12 mètres, pratiquant les engins sélectifs) et laissant un tiers à la nature.

Puis, dans un post Instgram, nous avons dénoncé la position honteuse de la France défendue par la ministre Agnès Pannier-Runacher, copiée collée des lobbies de la pêche chalutière, et plaidant pour une approche de la protection « au cas par cas ». Un recul antiscientifique inadmissible. Notre post est devenu viral. La ministre a été interpellée près de 10 000 fois sur Instagram uniquement.

Vendredi 28 mars : une chorégraphie citoyenne devant la Tour Eiffel avant SOS OCEAN

Les magnifiques artistes du Collectif Minuit 12 ont dansé devant le Trocadéro et la Tour Eiffel où allait se tenir le sommet SOS OCEAN, dans une chorégraphie et bande son originales, à revoir absolument ici. La captation cumule déjà près d’un demi millions de vues.

   

Samedi 29 mars : le mensonge public indécent de la ministre Pannier-Runacher

Sommée par le public de s’expliquer sur la fausse protection des aires marines dites « protégées » au « Libé Tour » organisé à l’Académie du Climat, la ministre de la transition écologique Agnès Pannier-Runacher a déclaré que la France interdisait déjà le chalutage de fond dans 40% de ses eaux ! Une surface gigantesque qu’il convenait, d’après la ministre, d’additionner aux 30% d’aires marines protégées… !

Abasourdie par l’audace de ce mensonge revenant à dire que la France protègerait 70% de ses eaux des méthodes de pêche destructrices comme le chalutage, alors que nous protégeons moins de 0,1% de nos eaux métropolitaines, Claire Nouvian, qui avait ouvert la journée de conférences et était encore présente lors de l’intervention de la ministre, a confronté cette dernière et ainsi réussi à comprendre le subterfuge utilisé. Les 40% que Madame Pannier-Runacher présentait comme un argument-massue, correspondaient à la zone interdite au chalutage en eaux profondes au-delà de 800 mètres de profondeur, en vertu du Règlement européen de 2016, que BLOOM a gagné contre la détermination du gouvernement français !

Mais la règlementation « pêche profonde » n’a absolument rien à voir avec les 30% d’aires marines protégées dont il est aujourd’hui question et qui sont supposées déjà interdire le chalutage de fond ainsi que toutes les méthodes de pêche destructrices sur l’ensemble de leur surface et sans aucune limite bathymétrique. Claire Nouvian a dénoncé ce procédé d’une grande malhonnêteté intellectuelle dans une vidéo devenue virale et vue plus de 1,5 millions de fois.

(1) https://sos-ocean.com

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Par ailleurs, BLOOM publie une comparaison scientifique originale établissant que la déforestation des écosystèmes marins perpétrée par le chalutage de fond est 20 à 47 fois supérieure à la déforestation terrestre. L’étude estime que plus de la moitié de cette déforestation marine se déroule en Europe, sur plus de 2 millions de km2, dont près d’un quart (400 000 km2) dans ses aires marines dites « protégées ».

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Alors que la stratégie nationale de la France en matière de politique maritime est en train de se dessiner[1], que l’observatoire européen Copernicus enregistre chaque mois des records de températures historiques pour l’océan et que la NASA vient d’alerter sur une hausse spectaculaire en 2022-2023 d’élévation du niveau des mers (0,76 cm par an !), le Président Emmanuel Macron a été bien inspiré de décréter 2024 « Année de la Mer ». Face à l’urgence de la situation, la société civile s’est organisée pour que le chef de l’État s’engage dès 2024 sur 15 mesures concrètes qui permettraient de sauver le plus grand puits de carbone, le plus grand Commun du monde, celui sans lequel le climat et les sociétés humaines s’effondrent : l’océan.

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