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18 juin 2026

Interdiction des navires industriels dans les eaux côtières : la ministre de la Mer annonce une consultation des États membres

C’est une étape majeure vers une victoire qui serait historique pour les pêcheurs et l’environnement : à l’occasion des Assises de la pêche, la ministre de la Mer et de la Pêche, Catherine Chabaud, a annoncé lancer une consultation des États membres dès le mois de juillet en vue d’interdire les navires de plus de 25 mètres dans les eaux côtières françaises (la bande des 12 milles nautiques, c’est-à-dire environ 22 km). En annonçant entamer un processus de consultation européenne, une étape obligatoire dans le cadre de la Politique commune de la pêche, Catherine Chabaud marque un tournant majeur pour les pêcheurs artisans, les citoyens et BLOOM qui défendent depuis des années un partage plus juste des ressources marines et une restauration de la santé des écosystèmes marins.

Alors que BLOOM est présente aux Assises de la pêche à Cherbourg, la ministre de la Mer était très attendue par les pêcheurs artisans et notre association. Dans ce contexte, Catherine Chabaud a annoncé la mesure que nous demandions : « La Manche-Est est un véritable défi pour la cohabitation des activités, j’ai lancé une mission de concertation dont les conclusions seront remises en juillet. A ce stade, elles mettent en évidence une demande assez largement portée d’exclure de la bande côtière les navires de plus de 25m. Je ne veux pas interrompre ce processus. A l’issue de cette concertation je lancerai une consultation auprès des États membres concernés, et je les informerai de notre volonté possible d’exclure les navires de plus de 25m de la bande côtière. »

Cette consultation est, en effet, nécessaire pour exclure les navires étrangers, notamment néerlandais qui bénéficient de droits historiques. Il s’agit de l’article 20 de la Politique commune de la pêche qui donne la possibilité à un État membre « d’adopter des mesures non discriminatoires pour la conservation et la gestion des stocks halieutiques et le maintien ou l’amélioration de l’état de conservation des écosystèmes marins dans la zone des 12 milles marins. »

BLOOM salue la mesure historique annoncée par la ministre qui va mettre fin à une situation profondément inéquitable. Alors que la bande côtière des 12 milles abrite des écosystèmes sensibles dont dépendent les pêcheurs artisans, les navires industriels aux capacités de pêche démesurées viennent y pêcher chaque hiver dans la Manche, menaçant directement la survie économique des pêcheurs artisans et accélère la dégradation des écosystèmes côtiers.

« On va enfin réussir à exclure les méga-chalutiers industriels qui ravagent la bande côtière et les écosystèmes les plus fragiles et les plus productifs des eaux européennes. Cette décision est une victoire du bon sens pour la protection de l’océan et la justice sociale. Les ressources doivent bénéficier en priorité aux pêcheurs qui créent le plus d’emplois, génèrent le plus de valeur pour les territoires et exercent leur activité avec le plus faible impact environnemental« , se réjouit Laetitia Bisiaux, responsable de campagne à BLOOM.

« BLOOM va rester très mobilisée aux côtés des pêcheurs jusqu’à l’application effective de cette mesure de bon sens. On a suffisamment patienté et perdu de temps. On ne va pas attendre que les ressources de la Manche s’effondrent comme c’est le cas en mer Baltique !« , alerte Fabien Randrianarisoa, responsable de campagne à BLOOM.

BLOOM restera particulièrement vigilante quant au déroulement du processus de consultation et à la mise en œuvre rapide et effective de cette mesure. Son efficacité dépendra notamment de l’absence de dérogations injustifiées, de contrôles rigoureux et d’un calendrier d’application ambitieux pour une mise en œuvre dès cet hiver.

La décision annoncée aujourd’hui démontre qu’une autre politique des pêches est possible : une politique qui protège l’océan tout en soutenant celles et ceux qui en vivent durablement.

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